Les vestiaires de l’usine abandonnée à Meurille Les Havreaux. Odeur de terre mouillée et de rouille qui colle à la peau. Mon cœur cogne comme un marteau-piqueur. Laurie et moi, on descend les marches, les mecs derrière, excités comme des chiens. On sait ce qu’on fait. On l’a vu sur YouTube, ce truc qui rend les cheveux blancs. Mais ce soir, c’est nous. La pince Monseigneur a pété le cadenas. Lampe torche qui tremble dans ma main. Peur qui picote les cuisses, mélange d’hésitation et de feu au ventre.
On allume les bougies. Partout. Sol, murs, casiers tordus. La flamme danse, fait shadow des cornes imaginaires. Laurie rit nerveusement, sa peau de poule sous son t-shirt trop serré. ‘T’es sûre, Jenny ?’ qu’elle chuchote. Moi, je mâche mon chewing-gum, je hausse les épaules. Curiosité qui bouffe tout. On peint les signes. Rouge sang sur les murs, sur nos ventres nus déjà. Frisson qui descend l’échine. Les mecs bandent dur, caméras prêtes. ‘On va faire le buzz !’ gueule le black, sautillant. On se met en cercle. Mots latins qui sortent maladroits de nos bouches. Voix qui chevrote. L’air s’alourdit. Odeur de musc animal. Quelque chose gratte derrière la porte des chiottes.
L’Approche Tremblante
Hésitation une seconde. Ma main sur l’épaule de Laurie, moite. Elle me regarde, yeux brillants. ‘On y va ?’ On bascule. La porte s’ouvre d’un coup. Cri de cerf qui déchire tout. Il est là. Mi-homme, mi-cerf. Cornes énormes, recourbées, qui raclent le plafond. Peau luisante, poils noirs, muscles saillants. Queue difforme, gonflée, qui palpite. Mon souffle se coupe. Cœur en vrac. Peur et envie qui se mélangent, jus qui coule déjà entre mes cuisses.
Il avance. Sabots qui claquent. Laurie à quatre pattes d’abord. Il l’attrape par les hanches, mains humaines, rugueuses. La pousse contre son truc énorme. Elle hurle, un cri qui vibre dans mes os. ‘Baise-la ! Baise-la !’ braillent les mecs, zooms sur leurs phones. Je caresse son dos. Peau chaude, qui frémit sous mes doigts. Langue dans son oreille cornée. Goût de sel et de forêt. Il grogne, accélère. Laurie gémit, yeux révulsés, peinture rouge qui coule sur ses seins. Odeur de sexe primal, sueur, boue. Mon tour. Il me plaque au sol. Froid du béton sur mon dos nu. Sa bête contre ma fente trempée. Maladresse au début : il rate, glisse. Je guide, curieuse, avide. Il entre. Déchirement exquis. Remplie à bloc. Coups de reins sauvages, cornes qui balaient l’air. Mon clito qui frotte contre son poil. Cris qui sortent seuls, ‘Plus fort !’ Sensations folles : chair qui claque, jus qui gicle, cœur qui explose. Les mecs filment, ‘Putain, c’est réel !’ Jenny nue, couverte de peinture, corps qui ondule. Laurie me rejoint, langues qui se mêlent au-dessus de lui. Orgasme qui monte, tsunami. Je jouis en hurlant, ongles dans sa fourrure.
L’Explosion des Sens
Il se retire. Souffle rauque. Calme soudain. Bougies qui fument. Laurie pantelante à côté, sourire béat. Les mecs, encore durs, applaudissent. Mais il tourne la tête. Yeux jaunes. Arrache la peau du premier. Hurlements. Sang partout. On filme, fascinées. Chair qui se décolle, os qui craquent. Puanteur de tripes. Il les pend par les pieds, méthodique. Silence après. On se rhabille pas. Nue, je sors fumer une clope. Laurie parle au vieux dans la voiture. Papa, qu’elle dit. Il a vu. Mais le secret. Il ferme sa gueule pour mon cul dans sa figure.
Tout a changé. Innocence explosée. Ce plaisir démoniaque, gravé dans la peau. Je garde ça pour moi. Muette comme une carpe. Adrénaline éternelle.