Le torrent murmure encore dans mes oreilles, ce filet d’eau vive qui charrie les secrets de la vallée. C’était ce matin-là, après la pluie fine, sous la brume laiteuse. Tara marchait devant, ses épaules larges tendues par les nasses, sa cape de cuir trempée collée à sa peau. Mon cœur cognait déjà fort, depuis l’aube. J’avais envie d’elle, une pulsion brûlante qui me rongeait les tripes. Mes cuisses frottaient en marchant, ma chatte humide sous la tunique mouillée. Je la taquinais, ‘Tu ne m’aimes plus’, pour masquer mon trouble. Elle riait, grave, mais je voyais ses yeux noirs s’assombrir. J’ai fouillé les broussailles pour les morilles, histoire de gagner du temps, mais c’était elle que je voulais cueillir. À bout, je l’ai prise par la main, l’ai traînée vers le saule pleureur. Ses branches pleuvaient des gouttes froides sur nous. Dos au tronc rugueux, elle m’a laissée la déshabiller, enlever ses armes. Mon souffle court, la peau de mon cou qui picote sous l’air frais. J’hésite une seconde, agenouillée dans la boue humide. Son sexe là, sombre, déjà gonflé. L’odeur musquée monte, mêlée à la terre mouillée. Tout bascule quand mes lèvres touchent sa fente.
Son fruit est trempé, je le dis d’une voix rauque, écartant ses lèvres épaisses avec mes doigts tremblants. Ma langue plonge, goûte le sel de sa mouille qui coule sur mon menton. Tara halète, une main dans mes cheveux roux dégoulinants. ‘Glynis… je vais jouir !’ Sa voix craque, suppliante. Je recule, la fixe avec mes yeux verts. ‘Attends-moi, mon amour.’ Je relève ma tunique, écarte mes cuisses nues sur les cailloux froids. Ma chatte palpite, je glisse deux doigts dedans, le jus gicle. Je la suce plus fort, son clito dur comme silex sous ma langue. Elle gémit, ‘Je mouille, je dégouline !’ Je sens son trou du cul se contracter quand mon doigt y danse. Mes hanches bucklent, je me doigte vite, le bruit de succion humide remplit l’air. ‘Viens sur mon doigt !’ Elle explose, cri rauque, corps cambré contre l’écorce. Je jouis avec elle, nez enfoui dans ses poils noirs, langue aspirant son bouton gonflé. Ses fesses s’empalent sur mon doigt, ondulent. Nos cris se mêlent au torrent, adrénaline pure, cœur en furie, peau qui frissonne de sueur et de pluie.
L’approche hésitante au saule pleureur
Le calme revient, essoufflées, corps luisants. Je me redresse, lèvre tuméfiée, goût d’elle encore en bouche. Tara s’affaisse, me caresse la joue, sourire complice. Quelque chose a changé en moi. Avant, j’étais la guérisseuse sage, cueilleuse timide. Là, sous ce saule, j’ai goûté l’interdit, la faim vorace d’un corps de femme. Mon innocence a glissé comme la pluie sur les feuilles. Ce secret, je le garde au fond de moi, un feu qui couve. Tara, mon amour, tu m’as transformée sans un mot. Le torrent a emporté nos émois, mais ils reviennent, nuits après nuits, palpables, crus.