Le souvenir me happe là, dans ce salon à l’étage, seule avec Martine sur nos chaises longues. Nos corps nus encore luisants de vapeur, serviettes dessous. Mon cœur cogne déjà fort, comme un tambour sourd sous ma peau qui frissonne. On vient de se caresser les seins, timidement d’abord. Ses mains sur sa poitrine ronde, le téton qui durcit sous ses doigts, rose et raide. Je l’imite, mes seins gonflent, lourds, chauds. Nos souffles s’accélèrent, bouches entrouvertes. L’air sent la menthe du thé et l’eucalyptus persistant, mêlé à nos odeurs de femmes excitées, musquées. J’hésite, les cuisses serrées sur ma chatte qui palpite, humide. Elle écarte les jambes la première, ses lèvres gonflées brillent. Les miennes s’ouvrent aussi, offertes. Un couple entre, on se referme vite, regard complice, yeux brillants de désir refoulé. ‘Le salon de massage’, je murmure. Sombre, isolé. On y va, pieds nus claquant doucement, cœurs battants.

La porte se ferme derrière nous. Obscurité tiède, tapis moelleux, huiles parfumées. On s’allonge face à face, huilées déjà par la sueur. ‘Massons-nous’, dis-je, voix rauque. Mes mains tremblent sur ses épaules. Peau soyeuse, chaude. Elle gémit bas, ‘Oui, comme au hammam, mais sans gant’. Je descends, effleure ses seins. Tétons durs comme cailloux, je pince doucement. Elle arque le dos, ‘Putain, c’est bon’. Ses doigts sur mon ventre, puis entre mes cuisses. Je sursaute, cœur en vrac. Odeur de sa chatte épilée, intime, sucrée-salgée. Je la touche enfin, lèvres charnues, glissantes. ‘T’es toute mouillée’, je souffle. Elle rit nerveux, ‘Toi aussi, salope’. Doigts qui glissent dedans, curieux, maladroits. La sienne serrée, chaude, qui aspire. Je frotte son clito, petit bouton dur. Gémissements rauques, bruits de succion humides. Baisers voraces, langues qui s’emmêlent, goût de thé et de désir. On se frotte, chattes contre cuisses, jus qui coule. ‘Lèche-moi’, elle ordonne. Je plonge, langue plate sur ses lèvres, aspire son clito. Elle hurle étouffé, tremble, me noie de cyprine. À mon tour, elle me bouffe, avidement, première fois si curieuse, si sauvage. Orgasmes qui explosent, corps secoués, sueur et cris mêlés.

L’Approche

Le calme revient, essoufflées, enlacées. Peau collante, cœurs ralentis. Je sens tout changé en moi. Cette innocence partie, remplacée par une faim nouvelle, féminine. Martine murmure, ‘C’était dingue, notre secret’. On se rhabille plus tard, maris ignorants pour l’instant. Dehors, mars froid pique la peau chaude. Mais dedans, une amie réelle, un feu allumé. Je garde ça pour moi, ce basculement, cette découverte viscérale. Innocence morte, volupté née.

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