Dans l’appartement de Raoul, après cette dernière communion électrique qui a plongé le monde dans le noir, je m’assois sur le bord du lit, encore nue, la peau frémissante. Les particules de mon corps tourbillonnent doucement en moi. Raoul et Gufti regardent par la fenêtre le chaos dehors. Mais mon esprit dérive. Vers ce premier soir. Chez Gufti. L’endroit où tout a commencé. Où notre innocence cosmique a explosé.

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C’était la nuit de notre arrivée sur Terre. Deux êtres de lumière, Éloïse et moi, cherchant le docteur Robert Shank. Gufti nous trouve d’abord. Ses yeux humains brillent de curiosité. Il nous parle. Nous fascine. ‘Prenez forme humaine’, supplie-t-il. Mon cœur – ou ce qui en tient lieu – cogne déjà. Hésitation. Nos formes tourbillonnantes vibrent. L’air sent la terre humide, l’herbe du jardin derrière sa maison. Il insiste. ‘Des bombes sexuelles. Sublimes. Pour me connaître mieux.’ La curiosité me dévore. Et si ? Un frisson parcourt mes grains lumineux. Le pas est franchi. Je choisis : seins lourds, hanches larges, lèvres pulpeuses. Éloïse pareil. Nos corps se solidifient. Peau chaude, douce. Première sensation : le poids des seins qui tirent, le chatouillis entre les cuisses. Gufti halète. Ses yeux s’écarquillent. ‘Putain, vous êtes parfaites.’ Le basculement. L’adrénaline pulse.

L’Approche

Il s’approche. Doigts tremblants sur mon bras. Chair contre chair. Odeur musquée de son excitation. Mon cœur – oui, maintenant j’en ai un – bat la chamade. Il m’embrasse. Lèvres humides, maladroites. Langue qui fouille. Je gémis, instinctive. ‘Juliette’, baptise-t-il. Éloïse rit nerveusement. Il nous guide au lit. Vêtements arrachés. Sa bite dressée, veinée, première vue. Curiosité dévorante. ‘Touche-la’, murmure-t-il. Ma main englobe. Chaude, dure, vivante. Elle tressaute. Il grogne. ‘Suce-moi, Juliette.’ Innocence en miettes. Je m’agenouille. Bouche ouverte. Goût salé, nouveau. Langue qui lèche le gland. Il pousse. Gorge profonde. Je tousse, recrache, ris. Maladresse pure. Éloïse caresse mes seins, pinces mes tétons. Éclairs dans mon corps. Il me renverse. Cuisses écartées. Doigts dans ma fente humide. ‘T’es trempée.’ Odeur de mouille, âcre, enivrante. Il lèche. Langue vorace sur mon clito. Jambes qui tremblent. Cœur cognant sourd. ‘Baise-moi, Gufti.’ Dialogues sales, crus. Il bande plus fort. Pénètre. Lent. Étirement brûlant. Chair qui s’ouvre. Grattement délicieux. Je couine. Hanches qui buck. Il accélère. Claques de peau. Sueur qui perle. Seins ballottants. Éloïse suce mes tétons. Orgasme monte. Vague. Corps entier qui vibre. Explosion : je me désintègre en particules tourbillonnantes autour de sa bite. Il hurle, jouit dedans. Plaisir cosmique.

Retour au calme. Corps se reforme, luisant. Peau rougie, palpitante. Gufti pantelant, sourire béat. Éloïse pareil, comblée. Changement radical. Plus d’innocence. Addiction née. Le sexe : drogue ultime. Secret entre nous trois. On rit, enlacés. Odeur de sperme et sueur imprègne l’air. Cœur encore affolé. Je sais : rien ne sera plus pareil. L’univers palit face à ça. Dehors, chez Raoul, le ciel gronde encore. Mais ce souvenir me réchauffe. Mon initiation. Éternelle.

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