C’est un dimanche matin dans la cuisine de Matthieu. Le clocher sonne encore. Café noir, cuillère qui tourne inutilement dans ma tasse. Je le regarde, adossé à la fenêtre. Chemise ample sur ma peau nue, bouton fermé au nombril. Mon cœur cogne. La nuit d’avant me revient, brutale, vivace. Macumba, lumières stroboscopiques, sueur et basses qui vibrent dans les tripes. Huit mois qu’il traîne là, queutard notoire. Je le sais, je l’ai vu. Bombasses faciles, coins sombres, départs discrets. Moi, avec Tony encore dans les veines, un mois et demi de rupture. J’ai besoin. Besoin d’un coup rapide, sans attaches. Anonyme ce soir-là, je l’aborde. ‘On danse ?’ Sa main sur ma taille, corps qui se frôlent. Odeur de son parfum boisé, mélange tabac et musc. Hésitation. Il est mon type : grand, brun, regard intense. Mais réputation sulfureuse. Et si c’était une erreur ? La nuit est belle, il propose la marche. Cinq minutes chez lui. Étoiles, terre mouillée après averse. Il parle, guide charmant. Bisou dans le cou devant la porte. Frisson électrique. Peau qui picote. Innocence qui vacille déjà.

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Appart cosy, pas le taudis prévu. Douche d’abord, seule. Doute me ronge : et s’il est chelou ? Il sort, serviette basse. ‘Donne-moi tes lèvres.’ Supplique douce. Baisers timides virent feu. Main dans nuque, ondes chaudes. Chemise ouverte, doigts arabesques sur ventre. Curiosité dévorante. Corps qui s’éveille, inconnu. Il évite mes seins, mon clito. Torture exquise. Mouille qui coule, cuisses tremblantes. ‘Me fais pas l’amour, juste baise-moi.’ Mais il caresse, patient. Peau hérissée, tétons durs comme cailloux. Langue sur un sein, doigts sur l’autre. Cuisse contre ma fente. Explosion. Orgasme foudroyant, première vraie vague. Corps arc-bouté, cri étouffé. Il m’embrasse, vole mon souffle. ‘Je t’aime.’ Fou. Moi aussi, murmuré. Baisers fous, mains partout. Sixty-neuf : sa queue en bouche, sel et veines gonflées. Ma cyprine sur sa langue. Il jouit, je l’avale. Fou rire après.

L’Approche : l’hésitation brûlante

Matin calme. Café, confidences crues. Deborah la vorace, levrette puante. Rires. Tony violent en flashback, mais Matthieu différent. Déclaration : ‘Toi, c’est pas pareil.’ Peau encore chaude, cœur transformé. Innocence partie, remplacée par faim insatiable. Secret gravé : cette nuit, bascule totale. Plus de retour en arrière. Corps changé, marqué par tendresse cruelle. Je pars, numéro échangé. Sonnette : Tony frappe. Cauchemar suit, mais ça, c’est après. Aujourd’hui, dans cette cuisine, émois premiers, maladroits, adrenalins. Plaisir pur, cru. Je garde ça pour moi, trésor sale et doux.

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