C’était dans les ruelles sombres de Derry, celles du Bogside, en 1972, juste après le Bloody Sunday. La pluie fine collait mes vêtements à la peau, odeur de bitume mouillé et de peur. J’avais seize ans, cheveux plaqués, cœur cognant comme un tambour de manif. Les blindés ronronnaient au loin, barbelés neufs qui griffaient l’air. On courait là, gamins du quartier, balle au mur près de la prison. Mais ce soir-là, c’était différent. Lui, Sean, dix-sept ans, yeux verts perçants, t-shirt trempé moulant ses pecs maigres. On se connaissait depuis l’école, fumées d’usine dans les narines, rires étouffés sous la pluie. ‘Viens, Anonyme, on se cache des paras’, qu’il murmure, main chaude sur mon poignet. Hésitation. Mon ventre se noue, cuisses qui serrent. Innocence encore là, mais curiosité qui gratte comme une démangeaison. On franchit le pas, derrière un mur effrité, poubelles renversées puant l’urine et la bière rance des bistrots bombardés.

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Le souvenir remonte d’un coup, brutal. Sa bouche sur la mienne, lèvres rugueuses, goût de tabac froid et de chewing-gum. Je tremble, peau qui frissonne sous la pluie, tétons durs contre mon pull mouillé. ‘T’es belle, putain’, grogne-t-il, voix rauque, mains qui glissent sous mon jean. Hésitante, je le laisse faire. Doigts maladroits qui pétrissent mes fesses, remontent vers le feu entre mes jambes. Mon cœur cogne si fort que j’entends rien d’autre que ça, boom-boom contre mes côtes. Odeur de sa peau, sueur salée mêlée à la boue. Il me plaque au mur, froid du béton contre mon dos. ‘Touche-moi’, souffle-t-il. Ma main droite tremble, effleure son bide dur, descend sur la bosse dure sous son pantalon. Curiosité dévorante. Je défais sa braguette, zip qui crisse comme un avertissement. Sa queue jaillit, chaude, veinée, prépuce qui recule sous mes doigts hésitants. ‘Putain, oui, branle-la’, halète-t-il, hanches qui poussent. Adrénaline pure, peur des soldats, excitation qui monte.

L’approche dans l’ombre du Bogside

Tout bascule. Il arrache mon jean, culotte qui descend sur mes chevilles. Doigts qui fouillent ma fente trempée, ‘T’es déjà toute mouillée, salope en herbe’. Je gémis, première intrusion, chair qui s’ouvre, jus qui coule sur sa main. Il s’agenouille, langue chaude qui lèche, aspire mon clito gonflé. Bruits obscènes, clapotis dans la nuit, mon cri étouffé contre son crâne. ‘Baise-moi, Sean, vas-y’. Il se redresse, capote sortie de nulle part – on en avait parlé en cachette. Me soulève une jambe, queue qui bute à l’entrée. Pousse lent, douleur vive qui déchire, ‘Aïe, merde !’, larmes aux yeux. Il s’enfonce, pouce sur mon clito pour adoucir. Puis sauvage. Hanches qui claquent, bite qui remplit, frotte les parois sensibles. Odeur de sexe cru, mélange de mouille et de sueur. ‘T’es étroite, putain, serre-moi !’ grogne-t-il. Je griffe son dos, ondes de plaisir qui montent, ventre qui se contracte. Il accélère, couilles qui tapent mes fesses, respiration saccadée. Mon orgasme explose d’abord, vague brûlante, jambes qui flageolent, ‘Oh putain, oui !’ Il jouit après, grognement animal, sperme qui pulse malgré la capote. Corps collés, haletants, pluie qui lave nos traces.

Retour au calme, brutal. On se rhabille vite, regards fuyants. Mon corps changé, entrejambe endolori, goût de lui dans la bouche. Plus la même, innocence explosée comme Derry balafrée. Secret gravé, à garder pour moi. Les ruelles reprennent leur silence menaçant, musique des bars muselée au loin. J’ai basculé, femme en devenir, au cœur des troubles.

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