À Murat, dans la bicoque nichée près de la source et des fleurs jaunes, sous l’ombre de la croix de bois. Le souvenir remonte comme une vague brûlante. J’avais seize ans, cet été-là. Innocente, curieuse. La terre m’appelait déjà, ses ronces et ses digitales pourpres me titillaient la peau. Lui, le grand gaillard du village, fils d’amis de la famille, m’attendait au chemin envahi d’herbes hautes. Ses yeux canailles, comme ceux des Auvergnats du coin. Mon cœur cognait fort, la poitrine serrée. Peau qui frissonne sous le vent des volcans. J’hésite. Les jambes tremblent. ‘Viens, Anonyme, la bicoque est à nous aujourd’hui.’ Sa voix rauque, l’odeur de foin et de sueur mâle. La grand-mère Mamé est partie au marché, Jean veille au caveau. Personne. Juste nous et l’appel primal de la terre. Je franchis le pas. La porte grince. L’air dedans est lourd, moisi, chargé d’histoire. Mon ventre se noue. Curiosité dévorante. Et si c’était maintenant ? L’innocence bascule d’un regard. Il referme la porte. Clac. Plus de retour.
Ses mains sur moi. Grosses, calleuses du travail des champs. Il m’attire contre lui. Odeur de terre rouge, de blé moissonné, de son corps jeune et dur. Mon cœur explose, boum boum dans les tempes. Il m’embrasse maladroitement, lèvres sèches, langue qui fouille. Je halète. ‘T’es vierge, hein ?’ grogne-t-il, la voix basse, excitée. ‘Ouais… mais j’veux…’ Ma chatte palpite déjà, mouille sous la culotte en coton blanc. Il soulève ma robe d’été, froisse le tissu. Ses doigts glissent dedans. Froids d’abord, puis chauds. Je gémis. ‘Putain, t’es trempée.’ Il rit, sale, animal. Je défais son jean. Sa bite jaillit, raide, veinée, tête rouge et luisante. Première vue. Fascinée. Je la touche, maladroite. Elle tressaute. Il grogne. ‘Suce-la.’ Je m’agenouille sur le plancher poussiéreux. Odeur musquée, sel. Bouche autour. Gluant, dur comme le granit du Lioran. Il agrippe mes cheveux. Pousse. J’étouffe un peu, bave. Bruits de succion, slurps humides. Il me relève. Me plaque contre le mur de pierre froide. Robe relevée, cul nu. Doigts qui écartent mes lèvres. ‘Regarde comme ta fente est rose.’ Il crache dessus. Pénètre d’un coup. Déchirure. Brûlure vive. Je crie. ‘Aïe ! Doucement !’ Il s’arrête, halète. ‘Désolé… t’es serrée putain.’ Puis repart, lent, puis sauvage. Claques de chair contre chair. Pa pa pa. Sueur qui coule, gouttes sur ma peau. Mes ongles dans son dos. Seins qui ballottent. Plaisir monte, vague. ‘Baise-moi plus fort !’ je hurle, oubliant tout. Il accélère. Bite qui frotte dedans, gonfle. Mon clito pulse. Odeur de sexe, de pisse presque, animale. Gémissements rauques. ‘J’vais jouir !’ Il se retire. Sperme chaud sur mon ventre, jets blancs. Je jouis après, spasmes, jambes qui lâchent. Flop sur le sol.
L’Approche
Le calme revient. Essoufflés, collants de sueur et de jus. Il m’embrasse le front. ‘T’es une femme maintenant.’ Je souris, changée. Le ventre apaisé, l’âme labourée. La terre dehors semble sourire, gentianes et campanules complices. Ce secret, je le garde. Pour moi, pour ces lieux. Murat m’a ensemencée. L’innocence partie, mais la vie coule plus fort dans les veines. Je me rhabille, jambes molles. Odeur de nous qui imprègne les murs. Personne ne saura. Jamais. Sauf la bicoque, la source qui glougloute son approbation.