C’était dans ce studio du troisième étage, peignoirs crasseux pendus comme un avertissement. Béa m’avait traînée là, après l’échec des photos de charme. ‘Ça va être d’un autre niveau’, qu’elle m’avait dit. Mon cœur cognait déjà fort, comme la fois chez moi, à trois dans la baignoire avec Roland. On riait, bourrés, nus et trempés. Sa peau contre la mienne, glissante, mais rien de plus. Innocence. Là, c’était différent. L’assistant crie : ‘Dans un quart d’heure, scène saphique sur le grand lit rond !’ Saphique ? Sapho, la poétesse. J’hésite, gorge serrée. Béa me pousse : ‘Ferme-la, Véro, on y va.’ On monte, l’air lourd d’odeurs de sueur et de lubrifiant. Mes cuisses tremblent sous le peignoir râpeux. ‘Enlevez ça, vous allez salir le lit !’ Le metteur en scène, regard dur. Nue. Complètement. Devant tout le monde. Ma peau frissonne, chair de poule électrique. Béa, la brune, rousse comme moi ? Non, elle est rousse, moi brune. ‘Toi la brune, lèche-lui les seins. Toi la rousse, fais-lui un cunni.’ Limites ? Oubliées. Payées ou pas. Mon pouls s’emballe, artères prêtes à éclater.

Le lit rond, draps froissés, moites. Béa s’allonge, jambes écartées. Son sexe rasé, rose, déjà luisant. Je m’approche, genoux qui flageolent. ‘Vas-y !’ L’ordre claque. Mes lèvres effleurent son mamelon. Dur, comme une perle. Je lèche, timide. Sa peau salée, goût de nouveauté. Elle gémit, faux au début. Mon cœur explose, boum-boum dans les tempes. L’odeur monte, musquée, intime. Entre ses cuisses maintenant. ‘Cunnilingus, langue !’ Je plonge. Chair chaude, humide. Ma langue fouille, maladroite. Elle se cambre, ‘Oh putain, Véro…’ Vrai gémissement. Mes mains agrippent ses hanches, ongles enfoncés. Elle mouille abondamment, jus sucré-salé sur ma bouche. Bruits de succion, clapotis obscènes. Caméra zoome, flashes crépitent. ‘Jouis, brune !’ Je frotte mon clito contre son genou, friction électrique. Mes seins lourds ballottent. Elle me retourne, sa langue en moi. Première fois. Curiosité dévorante. Elle aspire mon bouton, aspire fort. Mes cuisses se crispent, tremblement de terre. ‘Aaaah !’ Je jouis, spasmes violents, jus gicle sur son menton. L’assistant bande, visible. Béa halète, ‘T’es bonne, salope.’ Dialogues sales, adrénaline pure. Il nous prend en levrette, sa queue en moi pendant que je la minette. Plaisir forcé, intense. Odeur de sperme, sueur, excitation.

L’hésitation avant le grand saut

Après, on s’effondre, essoufflées. Le calme revient, sueur qui sèche sur la peau. Je fixe le plafond taché. Changée. Pour toujours. Béa sourit : ‘Ça t’a plu ?’ ‘Ouais… mais je préfère les mecs.’ Vrai. Pourtant, ce frisson, cette découverte. Mon corps vibre encore, marqué. Roland ne saura rien. Secret brûlant, enfoui. Demain, quatre garçons, forêt, fouets, pipi. Limites pulvérisées. Innocence morte. Femme nouvelle, affamée.

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