C’était à la boulangerie, ce matin-là, après le coup de feu des sept heures. J’empilais les livraisons, tablier blanc jusqu’aux pieds, coiffe de mitron sur mes cheveux courts. La femme de pierre est revenue. Manteau noir, yeux gris sans éclat. Deux flûtes, 2,20 €. Puis : « Tu es une fille, toi. » Sa voix glisse comme sa démarche. Elle m’a fascinée. Le lendemain, elle signe de la main au marchand de journaux. Je sens son regard dans mon dos, ou j’imagine.
Elle revient. « Comment vous appelez-vous ? » Dominique. « Ça vous dirait de boire quelque chose, ce soir ? » Première invitation. Je dis oui, cœur qui cogne déjà. Elle passe me prendre. Je sors en riant sous les moqueries familiales. Douche rapide, propre comme toujours. Elle en jeans, blouson, casquette. Cheveux noirs. On roule vers le fleuve. Bistro en terrasse. Coca pour moi. Elle questionne : boulot, école, cité. Je parle d’Odette, pas des accidents humides. On passe au tu. Bise chaude au coin des lèvres. « Samedi après-midi, chez moi. »
L’approche : hésitation et premier frisson
Samedi, 14h, en bas de l’immeuble. Eau de toilette piquée à la sœur. Sa Peugeot coupé, cuir, musique bizarre. Vers la campagne. « Tu aimes les filles ? » « Une comme toi, oui. » Main sur ma cuisse. Légère. Je tremble. Pas envie d’enlever. Doute : enlèvement ? Sa main sur nuque, cheveux. La mienne sur sa cuisse. Elle stoppe. Se tourne, jupe remontée. Frôlements sur visage. Front, yeux. Yeux fermés. Vent soyeux. Boule dans estomac. Langue dans oreille. « Tu sens bon. » Sur lèvres. Première langue. Je rampes la mienne. Basculé. Baiser long, gargouillis dans culotte. Trouille et feu.
L’explosion : découverte sauvage du corps
« On va chez moi ? » Flottant, je suis. Auberge, serveuse blonde offensée. Chez elle : lumière, couleurs. « J’ai envie de toi. » Chemise défaite. Poitrine plate, honte. Ses seins ronds. Culotte baissée, tachée. La sienne : vitrine. Nues. Baisers partout. Sa bouche sur vulve. Cris. Doigt à l’entrée. Plaisir dingue. J’avale son jus, tète. Seins sur peau. Langue entre fesses. Vibrations. Fente flattée. Épuisées. « T’avais jamais couché ? » « Non. » « T’es une vraie gouine. » Méchante : « Tu me ramènes ? » « Encore envie ? » Jambes ouvertes. Secousses. Odeur gluante. Raie fesses. Cris. Puis pipi urgent. Gouttes partout. Elle essuie.
Téléphone parents : chez copine. On shoppe lingerie, maquillage. Nues encore. Gémissements. Dimanche idem. Retour. Belle-mère : « Tu sens la femme. Sauté par une ? » Questions chuchotées. Main sur cuisse. « Chatte touchée ? Sucée ? Bon ? » Avertit : secret ou tabassée. Marque sur cuisses. Suçons. Régine souffle à la boulangerie : « Ce soir, arrêt bus Rue des Œillets. » Enfer journée. Échappée malgré regard noir. Sac Prisunic. Colère. Elle appelle Colette. Tout bascule. Huit jours de folie. Puis larguée. Retour maison. Colette : insultes, puis avances. Mais ça, c’est après. J’ai changé. Corps éveillé. Secret brûlant. Innocence partie, plaisir installé. Cité grise, mais dedans, feu.