Je suis dans ma cabine, ce petit studio aux murs couverts de tableaux en noir et blanc. Le plafond-écran fixe les étoiles immobiles. Mon cœur cogne déjà. Carla est là, venue me voir après le dîner. On parle de tout, de rien, de notre vie coincée sur le Gaïa. Ses longs cheveux bruns effleurent mon épaule quand elle rit. L’air sent son parfum, mélange de savon et de peau chaude. Je sens ma peau frissonner. Depuis des semaines, nos regards s’attardent trop. Nos mains se frôlent. Ce soir, je sais que ça va basculer. ‘À nous tous’, dis-je, le regard perdu dans les étoiles. Elle passe sa main dans mes cheveux. ‘Je n’aime pas te voir comme ça.’ Sa voix est douce, rauque. Mon ventre se serre. Je me tourne vers elle. Ses yeux verts me transpercent. L’hésitation me ronge. Et si on nous surprenait ? Aaron, mon frère, Daniel, les règles du vaisseau… Mais la curiosité brûle. Je pose ma main sur sa cuisse. Elle ne recule pas. Au contraire, elle se penche. Nos lèvres se frôlent. Le premier baiser est maladroit, lèvres sèches, dents qui claquent. Mon cœur explose. Tout bascule.
Ses mains glissent sous mon haut. Ses doigts frais sur mes seins. Mes tétons durcissent instantanément. Je gémis. ‘Blanche, t’es si belle.’ Sa voix tremble. Je tire sur son tee-shirt. Sa peau nue, chaude, sent la sueur légère du vaisseau recyclé. On tombe sur le lit. Je suis nue en premier. Elle me dévore des yeux. ‘J’ai rêvé de ça.’ Ses lèvres descendent sur mon cou, mordillent. Mon cœur cogne comme un réacteur. Elle écarte mes cuisses. Sa bouche là, humide, curieuse. ‘T’es toute mouillée.’ Je halète. ‘Touche-moi, Carla, putain.’ Sa langue fouille ma chatte. Goût salé, bruit de succion. Mes hanches se cambrent. L’adrénaline pulse. Je la retourne. Mes doigts tremblent sur sa toison. Elle est trempée. Je plonge un doigt dedans. Chaud, serré. ‘Plus fort, Blanche, baise-moi.’ On se frotte, chattes contre chattes. Sueur qui colle, odeurs musquées qui montent. Gémissements étouffés. ‘Je t’aime, Carla, c’est si bon.’ Orgasme qui monte, sauvage. Je jouis en premier, corps qui convulse, cris rauques. Elle suit, ongles dans mon dos. Bruits de souffles courts, lits qui grince.
L’Approche
Le calme revient. On reste enlacées, sueur qui sèche, cœurs qui ralentissent. L’écran au plafond montre toujours l’espace infini. J’ai changé. Plus d’innocence. Ce secret nous lie, plus fort que les listes de l’ordinateur. Aaron, Daniel, ils ne sauront jamais. On fera nos devoirs, enfants avec eux. Mais ça, c’est à nous. Mon corps porte sa marque. Peau rougie, lèvres gonflées. Je souris dans le noir. L’initiation est là. Pour toujours.