Dans mon petit appartement vieillot, au deuxième étage sans ascenseur, ce souvenir me happe encore. Les murs jaunis, l’odeur de peinture écaillée, le lit qui grince au moindre mouvement. J’avais invité Sylvie ce soir-là, après nos soirées chez Geneviève. Une blonde étincelante, seins arrogants, regard qui aspire. Jamais attirée par les femmes avant. Jamais. Mais là, à l’apéro, son sourire solaire, son parfum musqué, mon cœur cogne. La peau de mes bras frissonne, comme électrisée. On papote vin rouge en main, jambes croisées sur le canapé usé. Ses cuisses nues sous la jupe courte effleurent les miennes. Un frisson remonte, humide entre les jambes. Hésitation. Je rougis, détourne les yeux. ‘T’es belle ce soir’, je murmure, voix tremblante. Elle pose son verre, se penche. Nos souffles se mêlent. Le monde s’arrête. Mon innocence vacille. Je sais que tout va basculer. Ses lèvres effleurent les miennes. Douces, chaudes. Je ferme les yeux, me laisse happer. Nos langues dansent, maladroites d’abord, puis affamées. Mes mains glissent sur sa nuque, dans ses cheveux soyeux. Elle gémit doucement. Cœur qui tambourine, ventre noué d’adrénaline. On se lève, titubantes, enlacées. Chemisiers qui tombent. Soutiens-gorge qui claquent. Ses seins lourds jaillissent, tétons roses durcis. Les miens, plus menus, pointent vers elle. On se déshabille fiévreusement, culottes glissent sur les chevilles. Nue devant une femme. Pour la première fois. Vulve blonde fournie, taillée net. La mienne, toison brune soignée. Odeur de désir, musque intime qui envahit la pièce.
L’explosion. Sauvage, curieuse. Je la pousse sur le lit. Matelas affaisse. Elle s’ouvre, jambes écartées. ‘Lèche-moi, Anonyme. Goûte-moi.’ Voix rauque, sale. Je m’agenouille, hésitante. Visage entre ses cuisses. Chaleur moite. Langue timide sur ses lèvres gonflées. Goût salé, acidulé. Elle arque le dos, ‘Oui, comme ça, salope. Plus profond.’ Mes mains maladroites pétrissent ses seins, tirent les tétons. Elle se caresse, gémit fort. Bruits humides de succion, clapotis. Mon clito pulse, trempé. Elle m’attrape les cheveux, plaque ma bouche. Je lèche vorace, aspire son bouton. Elle hurle, ‘Putain, t’apprends vite !’ Orgasme la secoue, jus coule sur mon menton. À mon tour. Elle me renverse. ‘À moi de te bouffer.’ Langue experte fouille ma fente, aspire mon clito. Doigts pénètrent, courbés sur mon point G. ‘T’es trempée, petite vierge lesbienne.’ Je balance le bassin, cris étouffés. Cuisses tremblent, peau en feu. Odeur de sueur, de chatte. On se met en ciseau. Vulves frottent, glissent, claquent. Seins qui ballotent. ‘Frotte plus fort !’ On jouit ensemble, dévastateur. Corps secoués, spasmes, hurlements. Sperme de femme qui gicle, mélange chaud.
L’approche hésitante avant le grand saut
Retour au calme. Halètantes, enlacées. Sueur froide sur la peau. Cœur ralentit. Je caresse son dos, stupéfaite. Changée. À jamais. Cette curiosité dévorante a fissuré mon monde hétéro. Plaisir si différent, tendre et brutal. Secret enfoui. Christophe ? Oublié ce soir-là. Mais honte remue. Avec une femme, pas vraiment tromper, non ? Je souris dans le noir. Innocence morte. Femme nouvelle née. Sylvie repartira bientôt aux Antilles. Moi, je garde ce feu. Viscéral. Secret.