Je revois encore cette petite pièce, étouffante, avec ses murs beiges écaillés comme au lycée. Véronique nous a fait entrer, moi et ce brun aux sourcils épais qui me filait la chair de poule. Cathy, c’est moi, menue, blonde, taches de rousseur partout. On s’assoit face à face, genoux qui se touchent presque. La prof observe, impassible. Véronique demande si on s’attire déjà. ‘Non’, je bredouille, le cœur cognant. Lui non plus. Il ressemble à un singe, ai-je pensé. Elle sourit, commence à parler. Sa voix glisse, douce, insistante. Les mots banals sur la vie, les amis. Mais quelque chose change. Une chaleur monte dans mon ventre. Mes cuisses se serrent. Je fixe ses yeux, sa bouche. L’hésitation me ronge : pourquoi je rougis ? Pourquoi mon pouls s’emballe ? Sa jambe frôle la mienne. Je ne recule pas. Au contraire, je pousse. Peau contre tissu, électricité. Mon souffle s’accélère. Odeur de sa sueur, mélange de savon et d’homme. La pièce rétrécit. Véronique parle toujours, voix hypnotique. Tout bascule quand sa main effleure ma cuisse. Frisson violent, tétons qui durcissent sous mon haut. Je suis piégée, curieuse, affamée.