On était plantées devant la villa de Nicolas, ce jour-là. Le froid nous pinçait la peau, décembre approchait. Olga, Mélina et moi, Maud, on s’était mises sur notre 31 pour lui. Mais la porte close, et ce mot sur le bout de bois : « Chuis parti voir Saint Nicolas ». On a rigolé jaune. ‘Il est papa maintenant, avec ses trois gosses’, a lancé Mélina en claquant des dents. Mon cœur battait déjà fort, pas juste de froid. L’idée de rentrer bredouille nous tordait le bide. Puis Mélina a lâché : ‘Moi, j’irais bien chez Aloua.’ Silence. On s’est regardées. Aloua, la copine un peu sauvage, celle qui parlait toujours d’Australie, de chaleur entre nanas. J’ai hésité. La curiosité me rongeait. Mes cuisses se serraient déjà sans raison. ‘Ouais, pourquoi pas’, ai-je murmuré. On a filé là-bas, à pied, le vent qui fouettait nos jupes. À chaque pas, mon ventre se nouait. Qu’est-ce qui nous attendait ? Une bouffe banale ? Ou plus ? Devant sa porte, on a frappé. Aloua a ouvert, en robe légère, sourire carnassier. ‘Entrez, les filles, il fait chaud ici.’ L’air sentait le jasmin et autre chose, musqué. On s’est entassées dans le salon, coussins partout, lumière tamisée. Verres de vin qui circulent. Mes joues brûlaient. Olga s’est approchée d’Aloua, effleurant son bras. ‘T’as raison, c’est mieux entre nanas.’ Mon pouls s’emballait. J’ai senti une moiteur entre mes jambes. L’hésitation fondait. Aloua a ri : ‘Alors, on attend quoi ?’ Tout a basculé là, sur un regard.
Ses lèvres sur celles d’Olga d’abord. Voraces. Je fixais, bouche sèche. Mélina m’a pris la main, la sienne tremblante. ‘T’as déjà ?’ a-t-elle chuchoté. ‘Jamais.’ On s’est embrassées maladroitement, dents qui claquent, salive qui coule. Mon cœur cognait comme un marteau. Aloua a viré sa robe, seins lourds qui ballotent, tétons durs. ‘Viens, Maud.’ J’ai obéi, les jambes en coton. Sa peau chaude contre la mienne, frissons partout. Odeur de sueur sucrée, de chatte excitée. Olga pelait Mélina, gémissant : ‘Putain, t’es douce.’ Je touchais Aloua, première fois un corps de femme. Ses cuisses s’ouvrent, poils humides. Mon doigt glisse dedans, trempé. Elle gémit : ‘Plus fort, salope.’ Curiosité dévorante. Je lèche, goût salé, nouveau. Sa langue sur mon clito, aspirant, je hurle. Corps qui se tordent, sueur qui colle. Mélina chevauche Olga, frottant chattes l’une contre l’autre, bruits de succion obscènes. ‘Baise-moi la bouche’, crie Olga. Doigts partout, trois dans ma fente, je jouis violemment, jus qui gicle. Sauvage, on se bouffe, on se griffe. Mes seins mordus, tétons qui tirent. L’air pue le sexe, halètements, cris : ‘Encore, lèche plus profond !’ Première vague, interminable.
L’approche hésitante
Le calme est revenu lentement. Corps emmêlés sur les coussins, sueur qui sèche, cœurs qui ralentissent. Aloua caresse mes cheveux : ‘T’es une bonne petite.’ Je souris, changée. L’innocence envolée, remplacée par une faim nouvelle. On s’est rhabillées en silence, regards complices. Dehors, le froid mordait moins. Secret gravé en moi. Nicolas ? Oublié. Entre nanas, on avait tout trouvé. Ce soir-là, j’ai su : plus de retour en arrière. Mon corps porte la marque, cette soif viscérale. Je garde ça pour moi, ce feu premier.