La porte de la salle de jeux grince sur ses gonds rouillés. Nicolas la pousse, sac en toile serré dans la main. Ses yeux clignent sous les néons des flippers. Je suis là, penchée sur ma machine, doigts épais sur les boutons. Odeur de bière et graisse qui colle à la peau. Mon cœur cogne déjà un peu trop fort quand je sens son regard. Putain, ce gamin me mate depuis des semaines. Timide, pâle, pull col V impeccable. L’opposé de moi, cette usineuse massive aux mains sales.
Je hurle sur le flipper qui me nique encore. ‘Putain, Bono, t’as truqué ce truc !’ Puis je tourne la tête. Nos yeux se croisent. Il rougit, figé. Je souris, incisive ébréchée en vue. ‘T’as fini de mater, le petit intello ?’ Il bégaie rien. Bono ricane derrière son comptoir. Je le provoque : ‘Viens jouer, à moins que t’aies peur de perdre contre une fille ?’ Il avance, baskets silencieuses. Sa hanche effleure la mienne. Chaleur moite. Odeur de sueur et métal. Je prends sa main tremblante, la pose sur les boutons. ‘Anticipe, sens la bille.’ Il appuie. La machine s’allume. Mon ventre palpite d’une curiosité bizarre. Pourquoi ce frêle m’attire ?
L’approche hésitante à la salle de jeux
Ce soir-là, dehors, je le rattrape. ‘Pourquoi tu me mates tout le temps ?’ Il fixe ses pieds, muet. Impressionné par ma stature, mon air loubard. D’habitude, j’enverrais chier. Mais sa fragilité me touche. Un truc nouveau. ‘Je suis pas farouche. On va chez toi ?’ Il hoche la tête, stressé comme un agneau. L’ascenseur grince. Mon corps occupe la moitié. Chez lui, immeuble décrépit, appart riquiqui. ‘Putain, une cellule de moine.’ Je m’assois sur le lit qui gémit sous mon poids. Cuisses épaisses sur draps sales. Il trouve une bouteille de piquette. J’arrache le bouchon avec les dents, avale. Vin aigre coule sur mon menton, dans mon t-shirt tendu.
‘Explique pourquoi tu me regardes.’ Il rougit, ‘Je sais pas.’ Je ris gras. ‘Viens t’allonger.’ Il approche, tremblant. Je tire son pull, le bascule sur moi. Son corps menu écrasé sous le mien. Odeur de graisse et sueur qui l’envahit. ‘T’as pas l’air de baiser souvent.’ ‘Non.’ ‘Je me disais.’ Lèvres épaisses sur les siennes, langue qui force. Main sous son jean, zip chut. ‘T’es dur comme pierre.’ Plonge dans son boxer. Sa bite palpite, chaude. Il gémit. Peau qui frissonne sous mes doigts calleux. Je serre, glisse. Pouce sur gland. Il se cambre, cœur cognant contre mon ventre.
L’explosion de plaisir dans son appart minuscule
‘Chut.’ Bisou profond. Main qui branle plus vite. Il jouit vite, semence chaude sur ma paume. Je lèche mes doigts, goût salé. ‘T’as aimé, hein ?’ ‘Oui.’ Rire. Ses poignets sur mes seins lourds. ‘T’es à moi.’ Haleine bière-nicotine sur son visage. Doigts sur sa gorge. Il bande encore. ‘On dirait que je t’excite.’ Main recommence. Bouche sur cou, tétons mordillés. Descend. Ventre plat. Puis sa bite en bouche. Chaleur humide. Gorge profonde. Il crie ‘Babette !’ Je relève : ‘Je pense à toi trop souvent. J’ai des sentiments.’ Ses yeux s’ouvrent, choqués. Je reprends, avale tout. Giclées chaudes, spasmes. Larmes sur ses joues.
Le calme revient. Matelas affaissé. Sa respiration haletante. Mon corps massif contre son os. Je m’essuie la lèvre. ‘Maintenant, on parle de nous.’ Il sait. Moi aussi. Pas juste baise. Quelque chose bascule en moi. Cette tendresse pour ce puceau. Innocence perdue, pas la sienne, la mienne. Curiosité devenue faim vraie. Secret gardé. Personne à la salle ne saura. Ce frêle m’a changée. Cœur qui cogne encore. Odeur de nous dans l’air lourd.