Dans l’ambulance, garée sur le tarmac de Fiumicino. Sirènes hurlent au loin. Je m’assois sur la banquette, jambes molles, uniforme froissé, odeur de kérosène et sueur. Laurent est soigné ailleurs, vivant. Dieu merci. L’ambulancier s’éloigne pour un check-up. Et lui surgit. Mon passager. Boucles châtaines en bataille, yeux verts perçants. ‘Ma, c’est jantil ma c’est moi lé médécin, djamais danns lès zavions, vous vous rrapéléz ?’ Son accent italien roule comme du miel chaud. Je souris faiblement. Cœur qui cogne déjà. Peau qui picote sous la chemise. Il s’assoit près de moi, trop près. ‘Tout va bien ? Laisse-moi voir.’ Sa main effleure mon bras. Électricité. J’hésite. Recule un peu. ‘Ça va.’ Mais mes yeux disent l’inverse. Curiosité dévorante. Adrénaline du crash qui pulse encore. Il penche la tête, souffle son haleine mentholée. ‘Respire.’ Sa paume sur mon épaule. Frisson violent. Bas du ventre qui se contracte. Innocence qui craque là, maintenant. Je ne le connais pas. Pourtant, je veux tout. Maladresse en vue. Je ferme les yeux. Il se penche. Lèvres frôlent les miennes. Baiser timide. Puis vorace. Langues qui dansent, maladroites.