C’était le matin du 18 juillet 1998, dans le lit de Ben, cet appart minuscule à Paris. Je dormais à poings fermés, sur le dos, ma poitrine se soulevant doucement. Juste une culotte noire moulante et un t-shirt blanc trop fin. L’air tiède d’été collait à ma peau basanée. Soudain, un souffle chaud sur ma joue. Ses lèvres humides. Ben. Mon cœur a cogné d’un coup, comme un marteau dans la poitrine. J’ai murmuré : « Laisse-moi dormir… » Mais il insistait, sa bouche dans mon cou, son odeur de mec propre après la douche. J’hésitais. C’était notre première vraie fois. Trois mois qu’on se voyait, depuis la caisse du supermarché où il passait enfin sans voir les bonbons. Lui, le Français maigrelet maintenant, moi l’Algérienne de la cité. Mes copines me disaient : « T’es folle, il est blanc. » Mais son regard affamé me faisait frissonner. Sa langue a glissé dans ma bouche. Douce, curieuse. Mon corps a réagi tout seul. Tétons qui durcissent sous le tissu. Entre les cuisses, une chaleur humide qui monte. J’ai gémi. L’innocence vacillait. J’ai ouvert les yeux, le cœur en furie. « J’ai envie de toi », a-t-il soufflé. Sa voix rauque. J’ai senti son sexe dur contre ma hanche. Peur et excitation mêlées. Mes mains tremblantes dans ses cheveux. Tout basculait. Je l’ai attiré par la nuque. Nos langues se sont emmêlées, maladroites, baveuses. Odeur de sommeil et de désir cru. Ma peau piquait partout, chair de poule. Il a soulevé mon t-shirt. Mes petits seins offerts, pointes tendues comme des invitations. Sa bouche chaude dessus. Il a sucé, timide d’abord, puis affamé. « Hmmm… » J’ai cambré le dos, doigts crispés dans ses cheveux. Vague de frissons jusqu’au ventre plat. Il descend, langue traînante sur ma peau salée. Mon cœur explose presque. Curiosité dévorante. Qu’est-ce que ça va faire ? Ses doigts sur ma culotte. Tremblants. Il tire lentement. Le tissu glisse sur mes cuisses. Air frais sur mon sexe nu. Odeur forte, musquée, qui monte. La mienne. Intime. Obsédante. Il hume, yeux fous. Je rougis, mais gémis : « Ben… oui… » Il embrasse l’intérieur des cuisses. Peau qui frissonne violente. Sa langue effleure enfin. Léger, hésitant. Puis plonge. Chaud, humide. Je m’arque, agrippant les draps. « Oui ! Putain, oui ! » cris-je, voix cassée. Il lèche, fouille, maladroit mais vorace. Mon clito pulse sous sa langue. Bruits de succion obscènes. Suc qui coule. Mes hanches bucklent. « Mets un doigt ! Baise-moi avec ! » Il obéit, doigt épais qui entre, glissant dans ma mouille. Je halète, sueur froide sur la nuque. Sensations neuves : étirement, plénitude, feu liquide. Il accélère, langue et doigt en rythme. Mon corps convulse. Premier orgasme qui monte, tsunami. Il se redresse, caleçon baissé. Son sexe raide, veines saillantes, bout luisant. Je le touche, curieux. Chaud, dur comme fer. Il grogne. Se positionne. Frotte contre mes lèvres trempées. « Vas-y, entre… » supplié-je. Il pousse. Lent. Douleur vive d’abord, virginité qui craque. Puis glisse, huile brûlante. On fusionne. Maladroits, on trouve le rythme. Hanches qui claquent. Sueur qui dégouline. « T’es si serrée… putain ! » halète-t-il. Je griffe son dos. « Plus fort, Ben ! Défonce-moi ! » Cris étouffés. Odeur de sexe, de sel. Mon cœur cogne dans les tempes. Il accélère, sauvage. Je noue mes jambes autour de lui. Orgasme qui explose, muscles qui se nouent. Je hurle, tremble. Il jouit en moi, chaud, pulsant. Cri primal. On s’effondre, essoufflés. Silence lourd. Peau collante. Son nez dans mes cheveux. « Je t’aime », murmure-t-il. Je souris, changée. Innocence partie pour toujours. Ce secret, cette bascule, juste à nous. Le monde dehors – bus, stade, vie – n’existe plus. Je suis femme maintenant. Prête pour la suite, même si l’adrénaline redescend, laissant une douceur nouvelle. Mais ce feu, il brûlera toujours en secret.

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