La vieille armoire normande de la maison d’enfance de Lucien Gatimel. Été 1985. J’ai seize ans. Lui, dix-sept. On s’est faufilés là-dedans pour jouer, fouiller ses secrets. Air lourd, odeur de bois ciré et de linge rance. Mon cœur cogne déjà fort, comme un tambour dans ma poitrine. Lucien farfouille sous les piles de draps jaunis. Ses doigts effleurent ma cuisse par accident. Frisson électrique. Peau qui picote, se hérisse. Je rougis, recule un peu. ‘Qu’est-ce que tu cherches ?’ je murmure, voix tremblante. Il rit, nerveux. Sort un cahier d’écolier, ses poésies maladroites d’ado. On lit à voix haute, blottis. Rires étouffés. Sa jambe contre la mienne. Chaleur monte. Hésitation. Ses yeux dans les miens. ‘T’es belle’, souffle-t-il. Je sais pas quoi dire. Le monde dehors s’efface. L’innocence vacille. Sa main glisse sur mon genou. Je ne l’enlève pas. Cœur qui s’emballe, gorge sèche. Tout bascule quand il m’embrasse. Lèvres maladroites, goût de chewing-gum mentholé. Premiers baisers gauches, dents qui claquent. Corps qui se pressent dans l’étroit espace. Odeur de sa peau, sueur chaude d’excitation.
Ses mains partout. Curiosité dévorante. Il soulève mon t-shirt. Seins nus, tétons durs comme cailloux. ‘C’est doux’, gémit-il. Je halète, attrape sa chemise. Peau moite, poils naissants sur son torse. On se frotte, adrénaline pure. Il descend ma jupe. Culotte trempée. ‘T’es mouillée’, ricane-t-il, sale, excité. Doigts hésitants sur ma fente. Picotement, humidité qui coule. Je gémis. ‘Touche-moi là.’ Il obéit, maladroit, frotte trop fort. Plaisir mêlé de gêne. Mon tour. Je défais son jean. Bite raide, veinée, première vue. Palpitante, chaude. ‘C’est gros’, je chuchote, apeurée et fascinée. Odeur musquée. Je la serre, il grogne. ‘Suce-la.’ J’hésite, lèvre sur gland. Goût salé. Il pousse, envahit ma bouche. Bruits de succion, salive qui bave. Corps qui tremble. Il me plaque contre les étagères. Bois qui craque. ‘J’te veux.’ Pantalon aux chevilles. Il entre brutal. Déchirure. Douleur vive, sang chaud qui coule. ‘Aïe ! Doucement !’ Cris étouffés. Il s’arrête, halète. Puis repart, va-et-vient sauvages. Chatte qui s’ouvre, plaisir qui monte malgré tout. Hanches qui claquent. Sueur qui dégouline. ‘C’est bon ta chatte serrée.’ Dialogues crus, chuchotés. Cœur qui explose, cuisses qui tremblent. Odeur de sexe, de nous. Il accélère, grogne. Je jouis d’abord, spasmes fous, ongles dans son dos. Lui après, chaud en moi. Écoulement gluant.
L’approche et l’hésitation
Retour au calme. Étendus sur les draps froissés. Souffles courts. Corps collants, satisfaits. Silence lourd. Je sens tout changé. Innocence partie, remplacée par ce feu secret. Sa main dans mes cheveux. ‘C’était génial.’ Sourire timide. Mais peur aussi. Qu’est-ce qu’on a fait ? Secret à garder. Personne ne saura. Lucien range le cahier. On sort, jambes flageolantes. Air frais pique la peau. Monde normal reprend. Mais dedans, bascule irréversible. Femme naissante. Plaisir addictif. Ce jour-là, dans cette armoire, tout a commencé.