Le souvenir me happe d’un coup, brutal, humide. Mes appartements au château d’Eudes, après la chasse au sanglier. Printemps 1194. Enguerrand entre, pâle, les épaules voûtées. Il vient de planter son épieu dans la bête pour me sauver mon époux. Les servantes s’effacent. Nous sommes seuls. Mon cœur cogne comme un tambour de guerre. J’hésite. Une seconde. Son innocence me trouble depuis des mois. Ses regards furtifs pendant l’entraînement. Sa voix qui tremble quand il récite Ovide. Tout bascule quand je tends la main.

Je caresse sa joue. Douce, sans barbe. ‘Pas un poil au menton. Tu n’es qu’un enfant. Et pourtant, du courage.’ Il rougit, fixe le sol. ‘Que désires-tu comme récompense ?’ balbutie-t-il. ‘Rien, madame. L’honneur.’ Mon ventre se serre. Odeur de cuir et de sueur jeune. ‘Et l’amour ? Mes demoiselles se languissent de toi.’ Il murmure : ‘Aucune… à part vous.’ Mon pouls s’emballe. Je fais glisser ma robe d’un geste. Nue. Peau qui frissonne à l’air frais. Ses yeux s’écarquillent. Bouche ouverte. Il tremble.

L’Approche

Je l’embrasse. Lèvres hésitantes, maladroites. Goût de vin et de peur. Mes doigts défont sa ceinture. Chemise qui tombe. Son torse mince, marqué des bosses de l’entraînement. Je l’attire à la couche. Il suit, pantin raide. Son sexe déjà dur contre ma cuisse. Cœur qui bat à tout rompre, le sien contre le mien. L’adrénaline monte. Curiosité dévorante dans ses yeux. ‘Regarde-moi’, je souffle. Il obéit, hagard.

Son sexe tendu frotte ma fente humide. Je guide sa main sur mes seins. Pointes dures sous ses paumes moites. Il gémit, premier bruit rauque. Odeur musquée de sa jeunesse, mêlée à mon parfum de lavande. Peau qui picote. J’ouvre les cuisses. ‘Entre en moi.’ Il pousse, d’un coup. Brutal. Je mords ma lèvre. Chaud, serré. Il s’enfonce, inexpérimenté, trop vite. ‘Doucement, mon chevalier.’ Il halète, sue. Mes hanches ondulent pour le mener. Claques humides de chair. Son gland bute au fond. Picotements dans mes reins.

L’Explosion

‘Baise-moi, Enguerrand.’ Voix sale, basse. Il accélère, sauvage. Curieux, il touche partout. Doigts dans mes fesses, maladroits. Je cambre. ‘Plus fort.’ Gémissements étouffés. Sa verge pulse en moi. Odeur de sexe, sueur, nouveauté entêtante. Il tremble, jambes molles. ‘Je… madame…’ Explosion. Il gicle, chaud, abondant. Inonde mon ventre. Souffle coupé. Étoiles dans ses yeux. Je le serre, le garde en moi. Il mollit, stupéfait. Mais je continue. Le retourne. À califourchon. Reprend vigueur. Je le chevauche, rythme lent puis fou. Seins qui ballotent. Il suce un téton, avidité animale.

Toute la nuit. Sa bouche sur ma chatte, langue hésitante. Je jouis, cris mordus dans l’oreiller. Il dans mes reins, anal timide, douleur-plaisir. Entre mes seins, giclées blanches. Dans sa main, je le branle. Il hurle doucement. Curiosité insatiable. Bruits : succions, glissements, souffles courts. Peau moite, frissons électriques. À l’aube, épuisés. Mon corps marqué de ses morsures novices.

Le calme revient. Il se rhabille, regard changé. Plus d’agnelet. Guerrier éveillé. ‘Mon âme à Dieu, ma vie au roi, mon cœur à ma dame.’ Je l’embrasse, tendre. ‘Regagne ton logis. C’est notre secret.’ Il sort. Je reste, cuisses poisseuses de sa semence. Innocence basculée. Lui, dépendant désormais du plaisir. Moi, revivant mes propres débuts à travers sa maladresse. Ce château porte nos traces invisibles. Jamais plus le même.

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