Le divan en simili cuir colle à mes cuisses moites. Chez Priscilla Taitanboith, dans ce cabinet futuriste pour âmes perdues, les questions de l’hologramme percent ma carapace. ‘Par où voulez-vous commencer, Anonyme ?’ Sa voix synthétique vibre, mais mon esprit fuit déjà. Vers ce souvenir tapi. Celui qui a tout changé. Mon cœur cogne fort, comme ce jour-là. L’été étouffant de mes seize ans. Anselme, ce garçon du quartier, aux yeux sombres et aux mains hésitantes. On s’était rapprochés depuis des semaines, jeux innocents virant curieux. Ce soir-là, devant sa chambre chez ses parents, j’hésite. La porte entrouverte exhale une odeur de garçon : sueur, chaussettes sales, nouveauté interdite. Ma peau frissonne sous mon t-shirt fin. ‘Entre, viens,’ murmure-t-il. Je pousse la porte. Le lit défait nous attend. Tout bascule là, dans ce silence chargé d’adrénaline. On s’assoit côte à côte. Nos genoux se touchent. Électrique. Je sens mon souffle s’accélérer. Lui aussi tremble un peu. ‘T’as déjà… ?’ demande-t-il. ‘Non. Toi ?’ ‘Moi non plus.’ On rit nerveux. Puis ses lèvres sur les miennes. Maladroites, bavant un peu. Langues qui se cherchent, goût sucré de chewing-gum. Mes mains sur son torse maigre. Cœur qui bat la chamade contre ma paume.
Ses doigts glissent sous mon haut. Peau contre peau. Frissons partout. Il défait mon soutif d’un coup sec, comme vu dans un film. Seins nus, tétons durs. Il les fixe, émerveillé. ‘Putain, t’es belle.’ Je rougis, mais la curiosité l’emporte. Je tire sur son t-shirt. Son corps fin, poils naissants. On se déshabille vite, fringues en tas par terre. Nu, il bande dur. Première queue vue de près. Rose, veinée, tête luisante. Je la touche, timide. Il gémit. ‘Oh merde, continue.’ Ma main monte et descend, maladroite. Il halète. Odeur musquée monte, mélange de savon et d’excitation. Il me pousse sur le lit. Matelas qui grince. Ses lèvres sur mes seins, aspire un téton. Décharge électrique au ventre. Je gémis bas. Ses doigts descendent, effleurent ma culotte trempée. ‘T’es mouillée.’ ‘C’est normal ?’ ‘Ouais, putain ouais.’ Il l’enlève. Doigts qui écartent, touchent mon clito. Explosion de sensations. Je cambre. ‘Là, comme ça ?’ ‘Plus fort.’ Il enfonce un doigt. Serré, humide. Bruits de succion légers. Mon cœur explose presque. Puis il se place. Queue contre ma fente. ‘Je vais y aller doucement.’ J’acquiesce, jambes écartées. Il pousse. Brûlure vive. ‘Aïe !’ Il s’arrête. ‘Ça va ?’ ‘Attends.’ Sueur perle sur nos fronts. Il recommence, lent. Millimètre par millimètre. Plein. Étiré. Douleur qui fond en chaleur. Il bouge, va-et-vient timide. ‘Bordel, c’est trop bon.’ Je m’accroche à ses épaules. Hanches qui répondent. Lit qui cogne le mur. Rythme qui s’emballe. Sa peau claque contre la mienne. Odeurs entêtantes : sexe, sueur. ‘Plus vite, Anselme !’ ‘T’es une salope en chaleur.’ Rires essoufflés. Orgasme monte, vague furieuse. Je crie, spasmes. Il grogne, se retire, gicle sur mon ventre chaud. Épais, blanc.
L’Approche : Le Souvenir Qui Remonte
Essoufflés, collants. Il s’effondre à côté. Silence lourd. Ma main caresse son dos moite. Je sens le changement en moi. Plus innocente. Femme éveillée. Ce secret nous lie, brûlant. On n’en parle plus. Mais je sais : tout a basculé ce soir-là. Sur le divan de Priscilla, larmes aux yeux, je souris enfin. Ce fut ma fuite, mon éveil.