La pluie s’abattait en rideaux de perles sur le porche de cette vieille bâtisse parisienne. Mes sandales glissaient dans les flaques tièdes, pieds nus dedans, jean slim collé aux cuisses. Chemise blanche transparente, soutif dentelle noire qui pointait sous le tissu mouillé. J’attendais Tom, iPhone mort dans la poche. Le cœur cognait fort, comme un tambour lointain. C’était il y a des années, mais ce soir-là, sous ce déluge caniculaire, le souvenir remontait, net, brûlant.

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J’hésitais. Tom, ce type élancé croisé au bar des petites heures, chapeau sur la tête, regard qui dansait comme les corps qu’on voyait de mon appart. Mojito à la menthe marocaine encore sur la langue, effluves frais et verts. Il m’avait filé son numéro, chuchoté ‘viens si t’es curieuse’. Curieuse ? Mon corps vibrait déjà, innocence au bord du gouffre. La mamie à la canne avait claqué la porte verte bouteille, me laissant dehors, trempée, vulnérable. Peau qui frissonnait sous les gouttes chaudes, tétons durcis par le froid qui montait. Devais-je partir ? Courir vers le métro fantôme ? Non. Le cliquetis de la serrure antique résonnait encore. Et si c’était lui ?

L’approche hésitante

La porte s’entrouvrit. Tom. Sourire en coin, chemise ouverte sur torse lisse, odeur de tabac froid et de nuit urbaine. ‘Entre, Anonyme. Pas la peine de te noyer.’ Sa voix rauque, basse, comme un secret. J’hésitai une seconde, cœur en vrac, paumes moites. La main qu’il tendit, chaude, ferme. Tout bascula là, sous le porche ruisselant. Je franchis le pas, porche sombre, pots de plantes impeccables, ascenseur aux poulies huilées qui grinçaient doucement.

Dans la cabine étroite, explosion. Son corps contre le mien, jean trempé contre son pantalon. Mains maladroites sur mes hanches, remontant sous la chemise. ‘T’es trempée partout’, murmure-t-il, lèvres sur mon cou. Odeur de sa peau, sel et pluie, nouveauté entêtante. Mon cœur cogne si fort que j’entends le sang pulser. Il plaque ma main sur son sexe durci à travers le tissu. ‘Touche. C’est pour toi.’ Curiosité dévorante. Je palpe, hésitante, veines saillantes, chaleur qui irradie. Il grogne, défait mon jean slim, le tire vers le bas avec mes sandales. Cuisses nues, frissonnantes.

L’explosion des sens

Ascenseur bloqué entre deux étages. Parfait. Il me soulève, dos contre la paroi froide. Jambes écartées, je sens son gland contre ma fente humide, vierge encore de tout ça. ‘Vas-y doucement, c’est la première’, je souffle, voix tremblante. ‘Putain, t’es serrée’, il halète, poussant. Déchirure vive, brûlure qui monte, puis plaisir cru. Bruits humides, clapotis de nos jus mêlés, son bassin qui claque contre moi. ‘Plus fort, Anonyme, serre-moi.’ Dialogues sales, essoufflés. ‘Ta chatte aspire, salope innocente.’ Mes ongles dans son dos, peau qui gratte, sueur qui coule. Seins libérés, mordillés, tétons pincés, éclairs de douleur-plaisir. Odeur musquée, menthe résiduelle, sperme qui pointe. Il accélère, sauvage, curieux comme moi. Mon clito frotte, explosion interne, spasmes qui me secouent. Il jouit en grognant, chaud dedans, ruisselant sur mes cuisses.

Ascenseur reprend, ding discret. On redescend, pantelants, rhabillés à la va-vite. Porche à nouveau, pluie qui s’apaise. Corps transformé, endolori, marqué. Plus la même. Secret gravé, à moi seule. Tom embrasse ma joue mouillée. ‘Reviens quand tu veux.’ Je marche dans la nuit, chevelure auburn en écharpe soyeuse, Stan Smith effilochées imaginaires. Les petites heures m’avaient volé mon innocence, offert l’éveil. Personne ne saura. Jamais.

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