Dans ma chambre d’internat, cette nuit de mes dix-huit ans. Le lit superposé grince doucement. Ma copine de chambre, Claire, respire calmement en bas. Mon cœur cogne comme un marteau. Depuis la scène au manoir, maman avec la femme du maire, papa enfoncé derrière, tout bouillonne en moi. J’ai volé ce godemichet dans la malle du grenier. Long, noir, veiné. Il pulse dans ma main moite sous l’oreiller. L’odeur de latex neuf me chatouille les narines. Curiosité dévorante. Peur aussi. Et si elle refuse ? Et si ça fait mal ? Je descends l’échelle, pieds nus sur le sol froid. ‘Claire ? T’es réveillée ?’ Ma voix tremble. Elle allume la lampe de chevet. Ses yeux sombres me fixent. ‘Quoi, Sophie ?’ Cheveux en bataille, nuisette légère moulant ses seins ronds. On s’est déjà touchées, jeux de filles. Doigts timides sur peaux douces. Mais là, c’est plus. ‘J’ai… un truc. Pour nous.’ Je sors le jouet. Elle écarquille les yeux. ‘T’as piqué ça où ?’ Rire nerveux. ‘Secret. Tu veux essayer ?’ Hésitation. Son souffle s’accélère. Elle hoche la tête. L’air s’alourdit d’une tension électrique. Je grimpe sur son lit. Nos corps se frôlent. Peaux qui frissonnent déjà.
On s’embrasse d’abord. Lèvres humides, langues curieuses qui dansent. Goût sucré de sommeil. Ses mains glissent sous mon pyjama, pincent mes tétons durcis. Je gémis dans sa bouche. ‘Enlève tout’, je murmure. Nues maintenant. Ses cuisses s’ouvrent pour moi. Je descends, embrasse son cou, ses seins. Odeur musquée de son entrejambe m’enivre. Je lèche. Lentement. Sa chatte rasée, gonflée, trempée. ‘Oh putain, Sophie…’ Elle agrippe mes cheveux. Sa langue sur moi ensuite. Feu liquide entre mes jambes. Cœur en furie. ‘Prends-moi’, je halète. Elle attrape le godemiche. Lubrifiant froid qui goutte. Je m’allonge, genoux pliés, offerte. Doigts qui écartent mes lèvres. Le gland contre mon entrée vierge. Pression. Brûlure légère. ‘Doucement…’ Elle pousse. Millimètre par millimètre. Déchirure sourde. Sang tiède qui perle. Plein enfin. Pleine à craquer. ‘Ça va ?’ ‘Oui… Bouge.’ Elle pompe. Lent, puis plus fort. Bruits humides, succions obscènes. Mon clito palpite sous son pouce. Vagues montent. Corps arqué. ‘Je jouis !’ Explosion. Tremblements incontrôlables. Elle accélère. Me vide. Cris étouffés pour ne pas réveiller l’internat.
L’approche hésitante vers l’inconnu
Halète encore. Elle retire le jouet, taché de rouge. On s’enlace, sueur collante. Petit sang sur les draps. Preuve irréfutable. Innocence morte. Je me sens changée. Plus forte. Plus vivante. Ce secret nous lie. Jamais un mot aux autres. À l’école de commerce plus tard, j’appliquerai ça aux hommes. Mais cette nuit, c’était pur. Tendre. Brutal. Le basculement. Mon corps se souvient encore de cette intrusion première, de cette chaleur partagée. Personne ne saura. Jamais.