C’était à Nuremberg, dans cette rue piétonne animée. J’hésitais devant la boutique érotique, le cœur cognant comme un marteau. Personne ne me connaît ici, me soufflait le diable en moi. J’avais trente-cinq ans, célibataire, experte en solitude et en caresses solitaires. Mais ce jour-là, après des jours de boulot, l’envie pulsait entre mes cuisses. Pâle, tremblante, j’ai poussé la porte. L’air chargé d’odeurs sucrées, latex et lubrifiant. La vendeuse, grande et blonde, m’a souri : ‘Besoin d’aide ? Beaucoup de dames viennent seules.’ Écarlate, j’ai balbutié, fixant les godemichés alignés, réalistes, veinés, gros.
Absorbée, je sens une présence. ‘Vous cherchez aussi ? Première fois pour moi.’ Martha, la cinquantaine, peau hâlée, sourire complice. On papote, on palpe les sexes en silicone. ‘Enfin, on peut se faire plaisir sans homme’, dit-elle. Je ris, détendue comme avec ma culotte oubliée devant Béatrice. On achète, on sort. Café et gâteau à 16h, confidences : veuve, seule, besoin de sexe. ‘Téléphonons-nous après, pour se raconter.’ Nos mains s’attardent sur les bras, regards qui s’accrochent.
L’hésitation avant le pas décisif
Dans ma chambre d’hôtel, nue, je fixe l’objet sur le lit. Ma culotte tachée de mouille. J’hésite, froid au ventre. Le téléphone sonne. Martha : ‘Je n’y arrive pas.’ Moi non plus. ‘T’es nue ?’ ‘Oui.’ Silence brûlant. ‘Je touche mes seins.’ ‘Moi mon sexe, il coule.’ On guide l’autre : ‘Écarte ta fente.’ Bruits mouillés au téléphone, doigts qui glissent. ‘Je le frotte contre ma minette.’ Puis : ‘Je l’enfonce… ohhh.’ Mon corps s’ouvre, rempli, trempé. Cris synchrones, halètements, ‘oui’ rauques. On jouit ensemble, à distance.
Le froid revient. J’appelle, occupé. Elle donne son adresse. Je cours, habillée à la va-vite, sans me laver, odeur de sexe collante. Devant son immeuble, panique : ‘Qu’est-ce je fous là ?’ Mais je monte. Porte entrebâillée, Martha nue, blême, seins lourds, ventre rond. Moi aussi, je me déshabille, rageuse. Nos regards se verrouillent, charge électrique. On s’effondre enlacées, peaux moites qui se soudent. Seins contre seins, ventres qui frottent, cuisses entremêlées. ‘Jamais fait ça.’ Mêmes mots. On se frotte, transpiration glissante, langues qui s’emmêlent, salive chaude.
L’explosion des corps et le secret gardé
Vers le lit taché, mains qui explorent : je pince ses tétons durs, elle malaxe mes fesses larges. Odeur musquée, nos minettes rasées ou poilues qui palpitent. ‘Touche-moi là.’ Doigts dans la fente trempée, clito gonflé qu’on pince, qui vibre. ‘Plus profond.’ Je la pénètre, elle crie, cambrée. Bouches sur sexes : langue qui fouille, lèche les lèvres intimes, aspire le jus salé. Bruits de succion, gémissements étouffés. On se doigte mutuellement, anus effleuré, secousses. Corps en arc, vagues de plaisir qui déferlent, gouttes qui jaillissent, feulements.
Après, calme. Allongées, sueur qui sèche, cœurs ralentis. J’ai changé. L’innocence basculée, ce froid solitaire envolé. Martha murmure : ‘Notre secret.’ Je rentre à l’hôtel, douche brûlante, godemiché abandonné au sol. Demain, train à 7h. Personne ne saura. Mais en moi, la faim nouvelle palpite, pour de vrai.