La grande salle du café résonne encore dans ma tête, ce brouhaha étouffant, nos fiches identiques posées comme un verdict. Moi, Sofia, grosse, tunique bariolée, cheveux en vrac. Lui, Antoine, maigre, cravate crasseuse, sueur au front. On s’est fixés sans oser, j’ai déballé mes poèmes, il ses poings sur son ex. Déjà, son aveu cru : ‘Je voudrais baiser encore.’ Mon cœur a cogné. Zoo, girafes, mains chaudes enlacées, baiser mouillé sous le cèdre. Puis la mer, Saintes-Maries, jacuzzi fumant. Son corps contre le mien, maillot noir tendu sur mes seins lourds. Peur et envie se télescopent, peau qui frissonne sous l’eau chaude, son regard sur mes courbes. Vénus brille, planète ou pas. Chambre immense, lits jumeaux fusionnés en un. Je sors mon cahier, voix tremblante : ‘J’ai un poème pour ce moment.’ Il hésite, fixe la fenêtre, mer noire dehors. Odeur de sel et de lessive bon marché. Mon ventre noué, nichons qui pèsent, cuisses épaisses sous collants froissés. Il se tourne, prend le cahier, yeux sombres. ‘Pas maintenant.’ Sa voix rauque, main ferme sur mon épaule. Il me pousse sur le lit, matelas qui couine. Cœur en furie, boum boum, comme un orage dans ma poitrine. Innocence ? Fini. Je sais ce qui vient, dix ans sans, mais lui, c’est différent. Curiosité dévorante, adrénaline qui pulse dans mes veines. Il s’allonge, m’écrase. Son poids maigre mais dur, os contre ma chair molle. Je ferme les yeux, respire son odeur, sueur propre, rasé de frais. Tout bascule là, sous son corps.
Il tire sur ma robe, collants qui claquent en descendant. Peau blanche exposée, fraîche, chair qui ondule. Ses mains rugueuses palpent mes hanches larges, remontent sur mon ventre rond. ‘T’es chaude, Sofia.’ Voix basse, sale. Je gémis, surprise. Bouche sur mon cou, suce, mord. Frissons électriques, tétons qui durcissent comme des cailloux. Il les attrape, pince, suce fort. Odeur de sa salive, goût salé. ‘Tes nichons, putain.’ Je cambre, chatte qui palpite, mouille déjà, inédit. Doigts qui fouillent, écartent lèvres gonflées. ‘T’es trempée, poétesse.’ Je halète, ‘Baise-moi, Tonio.’ Il rit, sombre. Débauche son tee-shirt, pantalon. Queue raide, veinée, pointe humide. Première vue nette depuis des lustres. Il la frotte contre ma cuisse, prépuce qui glisse. Je tends la main, maladroite, caresse, peau veloutée sur fer. Il grogne, se positionne. Entrée lente, étirement brûlant. ‘Serre-moi.’ Je contracte, jus qui coule. Il pousse, profond, heurte le fond. Douleur-plaisir, vagues. Rythme sauvage, lit qui tape mur. Seins qui ballotent, claquent contre son torse. Odeur de sueur, de sexe cru. ‘T’aimes, hein ?’ ‘Oui, fort !’ Il me retourne, à quatre pattes, fesses énormes écartées. Paume sur ma nuque, autre qui claque cul. Picotements. Pilonne, couilles qui tapent. Mon cri monte, gorge sèche. Orgasme explose, cuisses tremblent, jus gicle. ‘Akkaouiiii !’ Il rit, accélère, se vide. Jet chaud, sperme qui inonde. Chute, sueur collante, cœurs cognant à l’unisson.
L’Approche
Petite mort, larmes chaudes coulent. Bonheur pur, corps enfin comblé. Il me serre, murmure ‘T’es à moi.’ Silence doux, odeurs mêlées, respiration calme. Sommeil lourd, sans rêves. Matin, sourire complice, bite matinale dure contre ma cuisse. On baise encore, douche glissante, savon sur peaux. Je ris, légère. Innocence partie, femme éveillée. Chair marquée, rougeurs douces. Secret à moi : ce salaud violent m’a initiée, libérée. Plus de maladresse, juste faim. On s’emboîte, Tetris parfait. Émois premiers ? Explosés en extase. Je garde ça, viscéral, pour toujours. Même après la bagarre, ses poings sur l’inconnu. Il guérit entre mes nichons. Moi, transformée, poétesse baisée.