Chambre d’hôtel près de la Défense, 5 août 1998. Quinze heures quarante. Les rideaux tirés filtrent un jour pâle. Mon corps encore lourd de sommeil, de peur. Ben roule sur le côté, ses yeux sur moi. Mon cœur cogne. Pas de la chasse à l’homme dehors. Non, d’autre chose. Une chaleur monte, là, au ventre. Ses lèvres sur mon front. Douces. Humides. Je bâille, mais déjà ma peau frissonne sous les draps.
« Quelle heure ? » Ma voix rauque. Il murmure : bientôt seize heures. Ses bras m’enlacent. Fort. Je glisse ma main sur son torse nu. Poils drus, muscles tendus par la fuite. Mon pouls s’accélère. On n’a pas fait l’amour depuis des jours. Des semaines ? L’enfer nous a volé ça. Mais là, dans ce lit défait, l’envie explose. Maladroite. Curieuse comme au début. Mon innocence, elle craque là, maintenant.
L’approche hésitante avant le plaisir
« T’as envie ? » demande-t-il. Oh oui. Ma main descend plus bas. Son sexe durcit sous mes doigts. Je tremble. Peur et désir mêlés. Il m’embrasse le cou. Sa barbe râpe ma peau. Odeur de sueur, de lui. Viril. Interdit. Je suis nue sous les draps. Il descend, langue sur ma poitrine. Tétons qui durcissent. Picotent. Je gémis. Petit cri étouffé. Il suce, doucement d’abord. Mordille. Mon dos s’arque. Cœur qui tape comme un marteau.
Hésitation. Et si Amel rentre ? Et les monstres dehors ? Mais son souffle chaud efface tout. Je l’attire par la nuque. Nos lèvres se trouvent. Baiser vorace. Langues qui dansent, salive qui coule. Je goûte sa bouche. Sel, café d’hier. Il me fait rouler sur le dos. Son corps sur le mien. Poids rassurant. Sa queue contre ma cuisse. Dure. Brûlante. Je noue mes jambes autour de lui. Besoin primal.
Il descend. Ventre. nombril. Cuisses. Je retiens mon souffle. Ses doigts écartent mes lèvres. Humides déjà. Cyprine qui perle. Odeur musquée monte. La sienne. Intime. Il embrasse là. Langue qui fouille. Je crispe les draps. Griffe le matelas. « Ben… » Gémissement rauque. Il lèche. Aspire mon clito. Éclairs dans le bas-ventre. Je jouis vite. Trop vite. Corps qui convulse. Jus qui gicle sur sa bouche. Il boit. Savoure. Bruits de succion. Obscènes. Délicieux.
L’explosion sauvage de la découverte
Je le veux en moi. Brûlure. Vide. Il remonte. Pénètre lent. Millimètre par millimètre. Chair qui s’ouvre. Pleine. Étirée. Souffle coupé. « Oui ! » On trouve le rythme. Lent. Puis rapide. Hanches qui claquent. Peau contre peau. Sueur qui perle. Glissante. Il grogne. « Oh putain, t’es bonne. » Dialogues sales. « Baise-moi fort. » Je griffe son dos. Ongles qui marquent. Il accélère. Coup de boutoir. Profonds. Mon clito frotte son pubis. Deuxième vague monte. Explosive.
On jouit ensemble. Cris étouffés. Hôtel anonyme. Son sperme gicle. Chaud. En moi. Au fond. Tremblements. Halètements. Il s’effondre. Poids mort. Bon. Odeur de sexe partout. Cyprine et semence mêlées. Lit trempé.
Douche après. Eau chaude cascade. Savon glisse sur nos corps. Rires nerveux. Baisers mous. On s’habille. Télé allumée. Mais dedans, je sais. Tout a basculé. Innocence partie. Ce n’était pas ma première, mais là, dans la peur, c’était neuf. Sauvage. Secret. Notre. Amel rentre bientôt. Le monde dehors attend. Mais moi, changée. Femme. Prête. Cœur encore qui cogne. Pas de regret. Juste soif de plus.