Le souvenir remonte d’un coup, net et brûlant. Le salon de lecture d’un vieux bourgeois érudit, il y a dix ans. Bois ciré, livres anciens qui sentent la poussière et le cuir. Lumière tamisée d’une lampe à abat-jour vert. Lui, assis dans son fauteuil club, cheveux blancs, lunettes rondes, voix grave comme un vinyle rayé. Il m’invite d’un geste. ‘Asseyez-vous face à moi, Sandrine.’ Mon cœur cogne déjà. J’hésite sur le seuil, jupe fluide contre mes cuisses, culotte fine qui frotte. Curiosité qui gratte au ventre. Il tient un recueil jauni, textes érotiques du dix-huitième. ‘Laissez-vous aller. Vivez-le pour moi.’ Sa confiance m’enveloppe. Je m’assois, jambes serrées. Odeur de vieux papier et de son aftershave musqué. Mes mains tremblent un peu. Tout bascule là, dans ce fauteuil en face de lui.
Il commence à lire. Voix lente, roulante, mots crus d’un autre temps : chairs offertes, langues affamées, sexes gonflés. Ma peau frissonne, picote aux bras, descend au creux des reins. Je croise son regard, droit dans les yeux, pas plus bas. Interdit ? Non, invitation. Mes cuisses s’écartent d’un pouce. Air frais sur l’intérieur, humide déjà. Je remonte ma jupe, tissu soyeux qui glisse. Doigts hésitants attrapent la dentelle de ma culotte. Je la tire, la fais descendre le long des mollets. Paf, au sol. Jambes grandes ouvertes maintenant. Chatte à l’air, lèvres gonflées qui palpitent. Il continue, imperturbable. ‘Sentez-les, ces bites qui percent les ventres.’ Mon clito durcit, appelle. Je pose une main dessus, effleure. Éclair. Cœur en furie, souffle court. Odeur de ma mouille qui monte, âcre, nouvelle.
L’Approche
Explosion. Doigts qui pincent le clito, roulent, pressent. Dur, sensible comme jamais. Je gémis bas, bruits mouillés qui claquent dans le silence. Il lit plus fort, scènes de fesses écartées, jus qui gicle. Je m’enfonce deux doigts dans la chatte, trempée, chaude. Murs veloutés qui serrent. Va-et-vient rapide, pouce sur le bouton. Peau qui tremble, sueur fine au front. ‘Oui, comme ça, vivez-le.’ Sa voix vibre en moi, pénètre plus profond que mes doigts. J’accélère, frottements frénétiques. Vague monte, ventre qui se contracte. Orgasme qui éclate, long, interminable. Minutes entières ? Corps arqué, cuisses qui claquent, jus qui coule sur le fauteuil. Cris étouffés, ‘Oh putain !’ Il ne s’arrête pas. Recommence la lecture. Moi aussi. Trois fois, quatre ? Clito rouge, chatte béante, doigts gluants. Sa voix est sa queue, invisible, qui me remplit, me baise la tête. Odeurs mêlées : ma cyprine, ses livres, son excitation discrète.
Retour au calme, enfin. Il ferme le livre. Je rabats ma jupe, culotte oubliée par terre. Jambes flageolantes, chatte qui palpite encore. Regard dans le sien, complices. Changée à jamais. Innocence partie en fumée de plaisir. Ce secret, je le garde au fond, mais il bout, remonte. Première fois que je m’offre ainsi, nue d’âme et de chair. Adrénaline qui cogne encore. Je sais maintenant : le plaisir naît là, dans la tête, avant le corps. Et ça, personne ne me le vole.