C’était ce mercredi en fin d’après-midi, sur la terrasse chez Carol. Le soleil tapait doux, enfants qui braillaient dehors dans la cité neuve. Moi en petit short rose et T-shirt blanc, inverse de notre rencontre à la braderie. Lui avec son livre et ses listings. Il me tend un verre, je m’accroupis au bord du gazon, perdue dans le ciel bleu. Clic, son Polaroïd. J’ai l’habitude. Sourire forcé. Le cœur qui cogne déjà un peu, sans savoir pourquoi.
On cause. Jardin clos, parfait. Il avoue m’avoir calculée. Tic nerveux, lunettes remontées. Je m’accroupis près des fleurs, souvenirs sombres qui remontent. Parents, passé pourri. Sa main sur mon épaule nue. Sursaut. Sourire. Il se penche, m’embrasse. Doux, naturel. Lèvres chaudes, odeur de savon et herbe coupée. Figée. Le monde s’arrête. Peau qui picote, ventre qui se noue. Il s’écarte. “Tu étais triste.” Regard plongé dans le sien. Genoux à terre. Silence lourd. Cœur en furie, tambour dans la poitrine.
L’approche hésitante
“Embrasse-moi”, je lâche. Voix rauque, presque un ordre. Il hésite une seconde. Bras autour de moi. Bouches qui se collent. Langues timides d’abord, puis affamées. On roule dans l’herbe. Herbe fraîche contre la peau, chatouilleuse. Son poids sur moi, rassurant, écrasant. Odeur de terre humide, sueur naissante. Mains qui glissent sous le T-shirt, frissons électriques. Innocence qui craque là, net, comme un os.
L’explosion des sens
T-shirt arraché, atterrit dans les fleurs. Soutif suit. Seins libres, air caressant les tétons durcis. Sa bouche partout : cou, épaules, morsures légères. Chair qui brûle. “Putain, Carol…” gémis-je. Il grogne : “T’es à moi maintenant.” Langue sur les mamelons, aspire, mordille. Vague de feu au bas-ventre. Short baissé d’un coup, culotte avec. Nue sous le ciel. Vulnérable, excitée à mort. Jambes écartées, il plonge. Nez dans mon sexe, langue qui fouille. Humidité qui coule, goût salé. “Oh merde, c’est… trop bon !” Cris étouffés. Doigts dans la pelouse, arrachant des brins. Clito gonflé, sucé voracement. Corps cambré, explosion. Orgasme qui déchire, muscles tétanisés, vision blanche. “Arrête pas ! Non, continue !” Il insiste, je jouis encore, hoquets, tremblements. Lèvres gonflées, cœur cognant comme un marteau.
Calme plat après. Herbe collée à la peau moite. Lui au-dessus, pantalon tendu. Sourire complice. “T’as aimé, hein ?” murmure-t-il. Hochement de tête, rouge comme une gamine. Secret tapi : Robert oublié, mais cette flamme neuve en moi. Corps changé, marqué. Plus la même. Debout, nue, vent frais sur la sueur. Regard vers la maison. Tout bascule. Innocence morte dans ce jardin clos. À moi maintenant, cette faim.