L’atelier sentait le graphite et le bois ciré, cette petite propriété perdue en Normandie où j’avais fui Johan et sa pute d’Isabelle. Cinq mois de grossesse, ventre rond, cœur cognant comme un tambour. J’arrive seule, fatiguée, boudeuse dans ma tunique loose. Parrain m’accueille, ses bras forts, sa voix calme. La piscine brille sous le soleil, j’y plonge pour renaître, l’eau froide picote ma peau gonflée. Les soirs au bord, rosé frais sur la langue, fraise et épices, je pose ma tête sur ses genoux, sa main sur mon ventre qui palpite. ‘Johan me trompe’, je lâche enfin, rage au ventre. On rit des insultes : pouffiasse, morue, prostipute. Mon cœur bat fort, l’air tiède colle à ma peau. Dernier soir, je sors de la piscine, peignoir blanc, cheveux dégoulinants. Je m’approche de son bureau, croquis pornos partout, Dom Bougre et ses nonnes en chaleur. ‘Dessine-moi’, je dis, effrontée. Je lâche le peignoir, maillot noir glisse. Nue, bidon bombé, seins lourds, touffe noire. Il hésite, moi non. Je grimpe sur la méridienne, lotus souple, yeux fermés. Mon souffle ralentit, peau qui frissonne déjà. Il crayonne, lumière tamisée. Je sens son regard brûler. Tout bascule quand il allume la lampe, sa braguette tendue. Ma main agrippe sa ceinture, ‘menteur, t’aimes ça’.

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