C’était un jeudi soir, à l’aire de la Clairière. Le crépuscule tombait, lourd, sur le parking désert. Mon cœur cognait déjà fort quand j’ai garé ma voiture près de la station-service. Bas noirs tendus sur mes cuisses, jupe moulante remontée juste assez, rien en dessous. L’air frais picotait ma peau nue, faisait durcir mes tétons sous le chemisier. J’hésitais, les jambes tremblantes. Des mois à fantasmer ça, à m’arrêter là, à mater cette femme monter dans le camion. Et ce soir, lui surgit derrière son semi-remorque. Nos regards se croisent. Boom. Tout bascule. Il me fixe, dur, autoritaire. Je détourne les yeux, fais le plein, essence qui pue, mains moites. Il rentre payer. Je patiente, flageole. Puis je paye à mon tour, file aux toilettes. Enlève la culotte, la fourre dans le sac. Odeur d’essence sur mes doigts, mélange à mon excitation humide.
Il est ressorti, son camion toujours là. Phares qui clignotent, signal. Mon pouls s’emballe. Je tourne à droite, demi-tour, m’arrête pile où elle s’était garée avant. Portière s’ouvre. Il descend, approche. ‘Tu feras l’affaire… Amène ton cul.’ Pas de choix. Je saute du siège, cours presque, grimpe sur le marchepied, ouvre la porte droite, m’installe. Cabine chaude, odeur de tabac froid, sueur d’homme, cuir usé. ‘Je vaux combien ?’ Colère et défi dans ma voix. Il me jauge, tend la main dans mon chemisier. Doigts rugueux sur mes seins petits, durs. ‘Pas grand-chose à vendre… mais j’aime.’ Puis : ‘Fais voir ta chatte.’ Je soulève la jupe, jambes écartées. Il palpe, fouille, sans gêne. ‘Ton cul.’ À genoux sur le siège, fesses offertes. Main qui claque la peau, écarte, inspecte. ’20 bouche, 30 chatte, 50 cul. 100 tout.’ ’80.’ Billets froissés dans ma poche. ‘On commence par quoi ?’
L’approche hésitante
‘Suce.’ Ceinture qui claque, pantalon baisse. Bite semi-molle, épaisse, veines saillantes, odeur musquée. Je me penche, lèvres autour, langue qui lèche, aspire. Il durcit vite, pousse, gémissements rauques. Bassin qui rue. Soudain, il repousse : ‘Va sur la couchette.’ Je passe derrière, allonge nue sauf bas, jupe et chemisier posés. Lui arrive, massif, bite raide. Préservatif sorti, enfilé maladroitement. ‘Couche-toi.’ Jambes grandes ouvertes, cœur en furie. Il pousse, déchire, jappement de douleur-plaisir. ‘Tu aimes ?’ Corps qui frémit, yeux voilés. Va-et-vient lents, profonds, claquements humides, sueur qui perle. Plaisir monte, vague sourde. Il sort : ‘À ton tour.’ Ventre, cambrée, fesses hautes. Doigts qui lubrifient, entrent. Puis lui, brutal, anal premier, cri étouffé. Douleur brûlante, puis fusion. Vagues intenses, gémissements enfantins. Orgasme explose, cri animal. Lui jouit après, grogne, s’effondre.
Retour lent. Corps moulu, endolori, sueur froide sur la peau. Il souffle : ‘T’aimes ton boulot.’ Je m’habille, descends, jambes molles. Regard d’un autre routier, je soutiens, fière. Billets froissés dans la poche, secret brûlant. Chez moi, douche, mais le feu reste. Innocence morte, femme nouvelle née. Ce secret, je le garde, trésor viscéral. Plus jamais pareille.