C’était ce matin d’hiver dans la librairie de Jean. Le ciel bas comme un couvercle, l’air froid qui picote la peau. J’hésite devant la vitrine, les doigts gelés sur la poignée. Mon cœur cogne fort, un tambour désaccordé dans la poitrine. Derrière le rideau de fer à moitié levé, je le vois. Jean, arranging ses magazines, les yeux perdus. Il sent l’encre et le papier ancien, cette odeur qui me chatouille les narines depuis des jours. J’ai passé devant tant de fois, fredonnant pour masquer ma faim. Aujourd’hui, ça bascule. Je pousse la porte. La clochette étouffe un tintement. Il sursaute, me fixe. Ses yeux gris-bleu s’écarquillent. ‘Tu vends des timbres ?’ Ma voix sort mate, feutrée, mais tremblante. Il bafouille sur les Marianne. Je m’approche du comptoir, manteau bordeaux trop grand, bonnet qui laisse filer mes mèches noires. Mes bracelets tintent doucement. L’hésitation me ronge : et si je pose l’enveloppe et pars ? Mais non. Mes yeux plongent dans les siens. ‘Jean.’ Je prononce son prénom secret. Il pâlit. Ma main glisse sur le bois usé, effleure la sienne. Chaleur électrique. Peau qui frissonne. Il ne recule pas. ‘Laetitia.’ Sa voix rauque. Le silence devient lourd, complice. Je contourne le comptoir. Lentement. Mon souffle s’accélère. Il m’attrape le poignet. Doux, mais ferme. Nos corps se collent. Odeur de lui : encre, matin, désir brut. Mes lèvres frôlent son oreille. ‘J’ai vu comment tu me regardes.’ Il gémit. Tout bascule.
Ses mains maladroites sur mon manteau. Il le défait, révèle ma robe bleue fendue. Genoux qui cognent le comptoir. On recule vers l’arrière-boutique. Ténèbres humides, piles de livres qui s’effondrent. Il m’embrasse sauvagement, langue curieuse, dents qui mordillent. Goût de café et de peur. ‘Putain, Laetitia, t’es réelle.’ Je ris, nerveuse. ‘Baise-moi, Jean. Montre-moi.’ Il déchire ma robe. Seins nus, tétons durs comme des billes sous l’air froid. Ses doigts explorent ma chatte déjà trempée. ‘T’es mouillée comme une fontaine.’ Dialogue sale, voix cassée. Je gémis, attrape sa bite à travers le pantalon. Dure, chaude, veinée. Maladresse totale : je la sors, la serre trop fort. Il grogne. ‘Doucement, salope curieuse.’ On tombe sur le sol poussiéreux, tapis de vieux romans. Il me plaque, lèche mes seins. Langue rugueuse, succion bruyante. Mon clito pulse. Je guide sa queue. ‘Entre, vas-y.’ Il pousse, maladroit. Trop sec au début. Douleur vive, puis glisse. Plein. Rempli. Cœur qui explose, sueur qui perle, odeur de sexe cru qui monte. Hanches claquent. Bruits humides, slap slap. ‘Plus fort, Jean, défonce-moi.’ Il halète, sue, cogne. Mes ongles dans son dos. Frissons partout, peau qui picote. Orgasme monte, vague dévorante. Je crie, chatte qui serre sa bite. Il jouit dedans, chaud, collant. Tremblements. Souffles mêlés. Curiosité comblée, adrénaline pure.
L’Approche : Hésitation et Bascul
Le calme revient. Corps emmêlés sur le sol froid. Son sperme coule entre mes cuisses, odeur musquée. Il caresse mes cheveux. ‘C’était… vrai.’ Je souris, mystérieuse. Peau encore frémissante, cœur ralenti mais changé. Innocence morte, remplacée par ce feu secret. Je me rhabille, laisse le carnet noir sur le comptoir. ‘Lis-le plus tard.’ Il hoche la tête, yeux humides. Je sors, impasse vide. Maison hantée m’attend. Ce secret, je le garde. Il m’a transformée. Femme maintenant. Prête à disparaître, à hanter ses rêves. Mais ce premier émois, cette baise maladroite, gravée dans ma chair. Pour toujours.