C’était ce dimanche d’avril 1966, à Châtelet, mon village paumé. La voiture de Jacques s’était arrêtée devant chez moi, Fred à l’intérieur, tout fier. J’ai vu son air déconfit quand j’ai dit non, Vincent arrive. Son humiliation m’a fait sourire, un pincement au ventre. Jacques a rigolé, Fred est parti. J’ai fermé la porte, cœur cognant. Vincent est arrivé une heure après, direct du champ, chemise ouverte sur sa peau bronzée, odeur de terre et de sueur. On s’est embrassés dans l’entrée, ses mains rudes sur mes hanches. ‘T’es à moi aujourd’hui’, qu’il a murmuré. J’ai hésité, la robe à fleurs collait à ma peau moite. Fred m’avait libérée, sans le savoir. Mes seins tendus sous le tissu, tétons durs comme des perles. On est montés dans ma chambre, celle avec le lit étroit sous les combles. Mes jambes tremblaient. ‘J’ai envie de toi, pour de vrai’, j’ai soufflé. Il m’a plaquée contre le mur, langue dans ma bouche, goût de bière tiède. Mon cœur battait si fort, j’entendais le sang pulser dans mes tempes. Peur et excitation, mélange dévorant. Ses doigts ont défait mon corsage, soutien-gorge arraché. Il a sucé mes seins, mordillé les tétons. J’ai gémi, première fois si intense. ‘T’es prête ?’ Sa voix rauque. J’ai hoché la tête, culotte mouillée descendue sur mes chevilles.
Ses mains partout, maladroites mais affamées. Il m’a allongée sur le lit, matelas qui grince. Son sexe dur contre ma cuisse, énorme, inconnu. J’ai frissonné, peau hérissée de chair de poule. ‘Ça va faire mal ?’ j’ai demandé, voix chevrotante. ‘Juste un peu, après ce sera bon.’ Il a écarté mes jambes, odeur musquée de nos corps. Doigts d’abord, glissant dans ma fente trempée. ‘T’es toute chaude, toute mouillée pour moi.’ J’ai cambré le dos, curiosité brûlante. Puis sa queue contre moi, poussant. Brûlure vive, déchirure. J’ai crié, ongles dans son dos. ‘Respire, ma belle.’ Il s’est enfoncé lentement, millimètre par millimètre. Mon ventre serré, larmes aux yeux. Sang tiède sur les draps. Il a grogné, ‘Putain, t’es vierge, serrée comme ça.’ Mouvements lents, puis plus vifs. Douleur qui fond en chaleur. Mes hanches ont répondu, instinctives. ‘Plus fort’, j’ai haleté. Sa peau claquait contre la mienne, sueur dégoulinante. Odeur de sexe cru, bruits humides, souffles courts. Mon clito gonflé, frotté par son pubis. Plaisir monte, vague immense. ‘Je jouis !’ j’ai hurlé, corps secoué de spasmes. Lui aussi, jet chaud en moi, grognements animaux. On est restés collés, cœurs affolés, son poids rassurant.
L’approche : hésitation et bascule
Le calme après la tempête. Il s’est retiré, sperme et sang mêlés sur mes cuisses. J’ai touché mon ventre, changée à jamais. Plus vierge, femme. Vincent m’a embrassée, fier. ‘T’es à moi maintenant.’ J’ai souri, épuisée, comblée. Pensé à Fred, à lui dire. Ce secret brûlant, jalousie qu’il ressentirait. Ça m’excitait encore. On s’est rhabillés en silence, peaux poisseuses. Dehors, soleil couchant sur Châtelet. J’ai gardé ça pour moi d’abord, mais lundi, à Fred, je lâcherais tout. Innocence basculée, adrénaline retombée en douceur amère. Femme nouvelle, prête pour plus.