C’était au dîner communautaire, ce rite immuable sur la plage de l’île. Le sable encore tiède sous mes fesses nues, l’odeur de poisson grillé et de coco rôti qui flotte dans l’air lourd. Mon cœur cogne déjà quand Frank s’installe à côté de moi. Sa main effleure la mienne, chaude, un peu moite. Thomas m’a mise en bouche, ce con. ‘Fais-moi plaisir, couche avec lui’, qu’il m’a dit. J’hésite. Mes yeux bleus plantés dans les siens, ce regard dur que tout le monde craint. Mais lui, il sourit, ose. ‘Thomas, je vais le tuer !’ je lâche, la voix rauque. Il rit, m’embrasse dans le cou. Sa barbe naissante gratte ma peau, un frisson remonte le long de ma colonne. Autour, les rires, les regards complices. Catherine nous épie, mais je m’en fous. Il me tire la main, on s’éclipse. Le chemin vers ma cabane, ses lèvres sur les miennes, fougueuses. Mes fesses serrées dans ce short étroit, ses mains qui pétrissent, maladroites mais affamées. Mon ventre se noue, une chaleur monte entre mes cuisses. C’est le moment. L’innocence de cette île libre qui vacille pour de bon avec ce bourgeois.
Dans ma cabane, la plus belle, bois sombre et lumière des bougies qui dansent. Il vire son tee-shirt, s’écroule sur le grand lit. ‘Déshabille-toi’, qu’il grogne. Mon débardeur tombe, mes seins lourds libérés, aréoles larges qui durcissent à l’air salé. Le short colle à mes hanches, je me contorsionne, bassin qui ondule comme une danse. Restée en culotte blanche minuscule, je sens son regard me bouffer. Il se lève, colle son torse contre mon dos. Ses lèvres dans mon cou, sa main qui pèse mes seins, l’autre qui glisse sous le tissu. Doigts qui fouillent ma fente déjà trempée. Odeur musquée de désir, ma peau qui picote, poils dressés. Je me retourne, baisse son short d’un coup sec. Sa bite jaillit, dure, veinée. Je le pousse sur le lit, m’allonge sur lui. Ma bouche l’engloutit, douce, curieuse. Je le suce en le fixant, langue qui tournoie sur le gland salé. Ses mains dans mes cheveux blonds épais, il grogne ‘Putain, Marion…’. On s’embrasse, salive qui coule, ses doigts agrippent mes fesses fermes. J’essaie de virer ma culotte, impossible. ‘Frank, attends !’ Je me redresse à califourchon, jambes écartées sur son buste. Le slip glisse sur mes cuisses longues, atterrit. Mon pubis blond presque transparent, je me caresse, lèvres gonflées, jus qui perle. Il mate, yeux fous. Je m’empale lentement, sa queue qui m’étire, remplissage brûlant. Va-et-vient lents, mon clito qui frotte. ‘Retourne-toi’, il halète. Accroupie sur mes jambes interminables, dos cambré, je le chevauche. Inconfortable, mais sa vue sur mes hanches, mon cul rebondi. Ses mains guident, claquent légèrement. Bruits humides, claquements de peau, mon cœur qui tambourine. Odeur de sueur et de sexe vierge pour moi ce soir-là. Il jouit en criant, spasmes longs, semence chaude qui gicle en moi. Je tremble, onde qui me traverse, première explosion totale.
L’hésitation avant le grand saut
Le calme après la tempête. Allongés, sueur froide sur la peau, bougies qui crépitent. Mon corps changé, marqué. Plus la même Marion, pion de Thomas. Avec Frank, c’était cru, animal, sans tabous mais avec une tendresse inattendue. J’ai partagé mes nuits entre lui et les autres, Babette qui murmure, Julian qui baise vite. Mais ce secret palpite en moi : cette nuit a fissuré mon innocence d’Allemande perdue sur l’île. Je le garde pour moi, comme un trésor sale. La communauté continue, mais je sais, au fond, que tout a basculé là, dans cette cabane.