Cette plage au coude de la rivière, à l’orée de la forêt. Soleil de mai 68 qui chauffe la peau. Trois semaines avec Michel, mon garçon d’écurie aux yeux bleus perçants. Pique-nique avec Rose, rires, puis sieste à l’ombre. Ma tête sur son torse, battements de cœur qui cognent comme un tambour. Bruits de l’eau, odeur de mousse et de terre humide. Je sens sa main sur mon front. Douce, hésitante. Je fais la morte, yeux mi-clos. Caresse qui glisse sur la joue, le cou. Mon cœur s’emballe, pouls dans les tempes. Elle descend, effleure le décolleté. Peau qui picote, frissons électriques. Je bouge un peu, chemisier qui remonte, ventre nu offert. Sa seconde main ose, juste au-dessus de la ceinture. Doigts tremblants sur ma peau plate. Chaleur monte entre mes cuisses, abricot qui s’humidifie, gluant. J’ouvre les yeux, sourire. “J’aime tes mains sur moi… continue !” Panique dans ses yeux bleus, puis soulagement. Il déboutonne, soutien-gorge qui saute. Seins libres, tétons qui durcissent à l’air. Ses doigts les pincent doucement, bouche qui suce. Langue chaude, humide. Mes lèvres cherchent les siennes, baiser vorace, langues qui dansent follement. Odeur de sa peau, sueur légère, cheval et herbe. Tout bascule là, innocence qui craque comme l’hymen qui attend.