Le salon de coiffure ‘Exigence et Élégance’ à Montmartre. L’air sent le shampoing aux fleurs et la tension électrique. Je suis Ting Ting Tsouan, ou Tagada pour les Français. Vingt-deux ans, vierge, cœur qui cogne comme un tambour breton. Le mot obscène circule. ‘Petite salope, laisse la porte ouverte, je te montrerai ma grosse queue.’ Mes joues brûlent. Mais ce n’est pas ça qui me trouble. C’est elle. Erika. La gothique en noir, perfecto clouté, yeux charbonneux. Elle s’assoit à côté de moi. Son parfum, cuir et vanille, m’envahit. Sa main frôle la mienne quand je cache son mot. Peau douce, chaude. Un frisson remonte mon bras. Mon ventre se serre. Qu’est-ce que c’est ? Cette chaleur humide entre mes cuisses ? Je n’ai jamais connu ça. Gudrun m’appelle. Mes jambes tremblent. Dans le fauteuil, ses doigts dans mes cheveux noirs. Mais je pense à Erika. Son sourire en coin. Je griffonne mon numéro sur son papier. 07 80 99 37 34. Impulsion. Folie. Le dragon en moi sommeille. Dehors, la nuit tombe. Les cinq femmes cachées derrière les poubelles. Marie-Astrid pouffe, Conception provoque, Émilie observe, Erika chuchote. Gudrun avale Ed, Jack et l’autre. Salope. Mais moi, je m’éclipse. Le cœur en vrac. J’hésite. Appeler Erika ? Non. Attendre. Mon téléphone vibre. ‘C’est Erika. Ton numéro. Chez moi, maintenant. Porte ouverte.’ Adrénaline pure. Montmartre brumeux. Rue étroite. Sa porte entrebâillée. Odeur de cigarette et d’encens. Je pousse. “Entre, Tagada.” Sa voix rauque. Pièce sombre, lit défait, posters punk. Elle en tee-shirt moulant, short en jean. Seins libres, tétons durs sous le tissu. Mon pouls s’emballe. “T’as écrit ton numéro. T’es curieuse ?” Je hoche la tête, muette. Elle s’approche. Doigts sur ma joue. Froids. Puis chauds. Lèvres sur les miennes. Douces, humides. Langue qui force, goûte la cerise de son gloss. Mes mains agrippent son dos. Ma chatte palpite, mouille ma culotte. Innocence qui craque. Elle me plaque contre le mur. Mains sous ma jupe. “T’es trempée, vierge.” Je gémis. “Oui… touche-moi.” Doigts qui écartent le tissu. Glissent sur ma fente rasée. Clito gonflé. Elle pince. Douleur-plaisir. Je halète. Elle rit. “À genoux, suce-moi.” Elle baisse son short. Chatte tatouée, lèvres gonflées, piercing. Odeur musquée. Je lèche, maladroite. Sel et miel. Sa main dans mes cheveux. “Plus profond, langue dedans.” Je fouille, avale ses jus. Elle gémit. “Bonne petite chineuse.” Elle me relève. Nue en un clin d’œil. Sur le lit. Jambes écartées. Sa bouche sur mes seins. Succion brutale. Tétons qui tirent. Doigts en moi. Un, deux. Étirement brûlant. “T’es serrée, putain.” Je crie. Plaisir vierge explose. Elle frotte sa chatte sur la mienne. Tribbing sauvage. Peaux qui claquent, jus qui giclent. “Baise-moi, Erika !” Dialogues sales. “Ta première c’est moi, salope asiatique.” Orgasme monte. Vague. Corps secoué. Elle jouit aussi, cris rauques. Sueur, tremblements. On s’effondre. Haleine lourde. Son bras sur moi. Calme. Le dragon apaisé. Chatons enlacés. J’ai changé. Plus vierge. Secret gravé. Montmartre endormi. Personne ne saura. Sauf nous. Adrénaline retombée, mais feu allumé. Demain, au salon ? Peut-être. Innocence morte. Plaisir né.